LE PASSSEUR

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Professeur Bernard Herzog - Médecine et Thérapies du Futur Connaissances et recherches pour améliorer Votre Santé et Votre Vie


L’influence des traumatismes de l’enfance

Publié par Le Passeur sur 16 Octobre 2010, 12:29pm

Catégories : #Psychanalyse

 

D-apr--s-Bruegel--L--ome--a-l---cole-1.jpgLa santé psychologique des personnes est extrêmement importante car la déstructuration psychologique est source d’une foule de fléaux, tant pour le sujet et les siens que pour la société. Quelles peuvent être les causes de ces malaises ? De ces mal- êtres ?

 

Si la petite enfance a été soumise à d’importantes pérégrinations psychologiques, à des agressions physiques ou psychologiques permanentes, nous allons observer une déviation plus ou moins perverse qui va naturellement se développer par la suite.

C’est dire que l’enfant va mélanger les repères pour s’approprier des repères dont l’imaginaire ne sera jamais atteint. Alors que, dans le cadre normal, l’imaginaire doit coller aux repères dressés sur le chemin de son éducation. Par exemple, si un enfant est battu en permanence dans l’enfance, maltraité, mal nourri, cela va occasionner des carences non seulement physiologiques, secondaires à des carences vitaminiques évidentes, mais également des carences psychologiques où les points de repères paternels et maternels font absolument défaut.

 

Le développement peut être apparemment normal

Ces défects se situent lors de l’embryogenèse et de l’organogenèse du cerveau. Au cours de l’enfance, le sujet va emmagasiner sur le plan physique tout un ensemble de réflexes. C’est ainsi que se structure le cerveau, sur des réflexes de réciprocité, des habitudes réflexes mimétiques, attitudes de répétition, d’apprentissage, bien que ces trois ensembles ne soient pas tout à fait identiques. Nous aurons donc un cas de variante, une édification particulière de la matière cérébrale qui va avoir des répercussions, bien qu’en apparence il est possible que rien ne transparaisse. Un nourrisson agressé ou ayant subi des violences, de quelque ordre que ce soit même gravissimes, aura un développement physique apparemment normal. Mais il y aura par la suite à déplorer des défaillances cérébrales, auto- immunes ou endocriniennes.

Cela va constituer un peu la base de l’homme, le socle sur lequel le sujet va chercher à se développer : soit évoluer vers ce que l’on a appelé les milieux marginaux, les caractériels asociaux voire la « racaille » ou vers une évolution spirituelle marginale voire délinquante. Dans les deux cas, on aura toujours une chienlit parce qu’effectivement il y aura un déviationnisme pervers flagrant. Le sujet cherchera à combler un affectif perdu, soit par une montée de violence, soit par un excès de mysticisme, soit encore par un important débordement littéraire, tout cela sur un fond de bouleversements physiologiques parmi lesquels on peut observer toute une panoplie allant de l’anorexie à l’hyper boulimie ou à l’hyper perversion.

Les conséquences dans l’édification de la transmission génétique

Au chapitre de l’enfance, si l’enfant a subi des agressions physiques et psychologiques, on rencontrera par la suite des défaillances auto- immunes, des défaillances affectives, mais également toute une souche de types déviants qui peuvent avoir des formes d’intelligence super humaines pour certains sujets. 2

Ces faits, observés au plan sociologique, vont induire des phénomènes de masse, des moeurs en adéquation avec ces modes de pensée déviants. Sans pour autant écarter la notion de défaillance du terrain physiologique dans lequel le monde bactériel va suivre des mutations importantes et prolifiques.

 

La difficulté de se conduire normalement

On aura affaire par la suite à des masses d’hommes qui seront tellement besogneux qu’ils seront opportunistes jusqu’à devenir pervers. Pervers dans le mode dominant, ce sont des sujets dominateurs, voire des assassins, des criminels réels ou tueurs par leurs verbes, leurs mots pervers. Tout le monde connaît ce type du personnage décrit par Molière dans l’Avare : Harpagon peut être reconnu dans les relations humaines de notre société mercantile. Ce type de personnalité va donc se retrouver dans des conditions de probabilités aléatoires, de faire ou ne pas faire. Porté par l’évènement, il n’arrivera pas à se conduire normalement, à structurer ses impulsions, c’est-à-dire ses sentiments possessifs. Parce que, pour tuer de quelque façon que ce soit, il aura besoin d’avoir ou de se sentir être en possession de quelque chose, c’est cela son repère ! Il ne peut s’arrêter que lorsque l’objet désiré a été obtenu. Quand je parle d’objet, que ce soit imaginatif, réel ou irréel, c’est-à-dire : « Je veux ce verre que vous tenez dans votre main. » Je le tiens et vous le tenez. « Eh bien, je l’aurai quand même ! Soit qu’il me vienne en morceaux ou non. » Donc, l’objet, c’est toute l’appropriation possible.

 

L’absence de repères

Restons pour l’instant dans le cadre normal : l’édification de la personnalité au cours de l’enfance s’effectue par rapport aux repères parentaux donnés, intégrés par mimétisme, par la répétition, dans le cadre d’une structure familiale, c’est-à-dire dans le cadre d’un ensemble familial unitaire .

Plus la famille est grande, plus la discrimination pourra s’opposer. Plus la famille est petite, plus les repères sont sectaires.

Plus la famille se réduit, plus les repères vont se rigidifier et comporter des carences de discrimination et d’analyse, donc de synthèse.

L’évolution humaine ne peut s’effectuer et se développer que par rapport à une confrontation sociale.

La culpabilité : une voie royale de désincarnation

Le servilisme en tant que mode de vie va engendrer non seulement un mode de pensée mais aussi un cheminement. La façon de vivre génère des facilités ou, inversement, toute une série d’ennuis plus ou moins mutagènes. La façon de penser son mode de vie génère un mode de cheminement qu’on va appliquer à l’entourage et qu’on va présenter comme la manière la plus facile de mener son existence.

 

La répétition des comportements du passé

L’homme a une certaine capacité à s’adapter de la façon la plus paresseuse possible aux choses de la vie car l’être humain a facilement le rejet de l’effort, or faire un effort, c’est vivre, c’est aussi tenter de s’améliorer. C’est chercher un progrès permanent et, inversement, se laisser-aller constitue une des principales capacités de l’être humain car il s’efforce d’effectuer le moins d’efforts possible pour en retirer le maximum. Forcément, la descendance va copier ou recopier plus ou moins intelligemment cette façon d’être et de concevoir l’existence. En général, la descendance recopie encore plus mal et rejette volontiers ceux qui font un effort. L’homme a cette capacité de se soumettre à des recettes, à des rites, à des pouvoirs qu’on va lui dicter, à ceux qui lui enseignent une manière d’être, de penser, une façon de concevoir, de faire, car il ne peut jamais être debout, il est trop fatigable pour cela, donc il préfère rester à genoux.

Cette position lui permet d’être dans la soumission. Il en découle une forme de paresse intellectuelle qui va générer de vagues notions de culpabilité « ah ! Si j’avais su, ah ! Si j’avais pu faire, si j’avais décidé autrement ! » Parce que l’homme aime à se retourner sur son passé ou sur les actes effectués. En général, l’être humain n’aime pas rester debout ni marcher, ni tenter de comprendre le pourquoi, le comment. Il ne cherche pas non plus à comprendre sa manière de fonctionner, il attend qu’on lui dise ce qu’il doit faire, qu’on lui dicte son comportement, ce qu’il doit penser, c’est cela la caractéristique principale de l’homme parce qu’en général il demeure un pion sur une case.

 

La vie est un combat permanent

Il ne faut jamais baisser la garde. Ecouter sa nature profonde et voir en quoi elle diffère d’un contingentement collectif. Certes, si l’on vit l’inquisition, il est bon de courber l’échine et ainsi de garder son libre arbitre et de penser autrement. C’est pourquoi le Siècle des Lumières a apporté à l’humanité un enseignement majeur. Il est bon de protester tout en restant très gentil, très humain. Encore faut-il mesurer ses réactions, ses humeurs afin que cette protestation ne conduise pas à l’échafaud.

 

S’édifier lentement depuis la terre vers le ciel

Voilà qui pose la question de l’évolution spécifique à chacun d’entre nous avec, en arrière-plan, le problème de l’évolution psychologique et spirituelle. Il s’agit de sortir d’un état primaire non dégrossi, de la barbarie, pour s’édifier lentement, comme un arbre le fait depuis ses racines dans la terre pour diriger sa ramure vers le ciel. C’est aussi le problème de la personnalité du sujet. Comment s’édifie-t-elle ?

 

Se dégager d’un enfermement familial

La psychanalyse nous a montré combien il était nécessaire de se dégager d’un enfermement familial et d’un attachement trop prononcé à ses parents ou à l’un d’entre eux. Si l’on veut bien effectuer une extension de cette conception, cela s’applique également à un comportement où l’on sacralise sa femme, ses enfants, la nourriture, mais également les rapports de force ou les systèmes répétitifs, les protocoles, les droits que l’on pense avoir.

 

L’évolution spirituelle est nécessaire

Elle est indispensable à la mutation de l’homme, mais ce dernier devient alors le pire ennemi du pouvoir. Car le pouvoir, c’est quoi ? C’est la sacralisation de plus en plus étroite de la soumission pure, servile, qui exerce un ostracisme, bien évidemment, envers ceux qui essaient de se mettre debout, à quatre pattes, en rampant, afin de devenir superbement et modestement eux-mêmes.

Le spirituel, c’est l’évolution de l’état de l’homme. Le pouvoir désacralise sans cesse l’homme et, à force de subir des pressions, il s’oublie, il devient un objet, voire une 4

marchandise négociable, il devient jetable au nom de profits particuliers. Toute recherche de pouvoir et toute évolution vers le pouvoir induisent à terme ce genre de comportement. Le pouvoir est déstructurant pour la condition de l’homme.

Seule l’évolution spirituelle est positive par rapport à cette évolution négative. Aller vers la spiritualité ne veut pas dire être religieux, ni entrer en religion, mais être capable de se reconnaître, de se mettre debout pour développer sa connaissance, la faire fructifier et ensoleiller sa connaissance sur le chemin de la Grande Connaissance.

L’évolution spirituelle est à l’inverse d’un religionisme quelconque, c’est prendre en compte sa capacité de s’élancer vers la vie afin de trouver la position la plus confortable possible, de s’épanouir dans l’existence. Je n’ai jamais vu un ermite y parvenir, car ils sont dans le refus de l’environnement, de leur propre bien-être. Pourquoi torturer son corps alors qu’on torture en permanence sa cervelle, ce qui donne une évolution pensive permanente ? Il faut reposer son corps, le soulager, lui permettre de nous porter en chemin, donc de prendre acte de son existence. C’est là le trésor le plus important. Il n’est nullement interdit de profiter des bienfaits de la vie et de prendre grand soin de nous-même ainsi que de nos proches, tout en respectant les autres, la nature.

En conclusion, l’évolution spirituelle, c’est être capable de se mettre debout, d’en tirer profit pour soi et pour autrui. Si on en tire profit seulement pour soi, on retombe vite dans l’égoïsme alors qu’il faut être capable d’engranger un échange et d’apporter à l’autre le sourire, le rire, de notre soleil intérieur.

Bernard HERZOG

 

 

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