LE PASSSEUR

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Professeur Bernard Herzog - Médecine et Thérapies du Futur Connaissances et recherches pour améliorer Votre Santé et Votre Vie


Rêve : “Sortir de la caverne”

Publié par Bernard Herzog sur 17 Janvier 2012, 08:17am

Catégories : #Rêve- Spiritualité

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Arthur aimerait s’engager dans l’armée de l’air, piloter un avion, afin de quitter tous les soucis familiaux, et notamment la Terre mère.

Grâce au désir de sa mère de le voir réussir dans l’existence, après un an d’entretiens, il parvient au tournant essentiel que tout jeune homme doit prendre.

Rêve du 24 mai 1988

« Je suis dans une rue me dirigeant vers une place. Je vois du monde. Les gens forment un cercle dont le centre est vide. J’invite une jeune femme à danser, tandis que plusieurs personnes se décident à entrer dans le palais. Je laisse la jeune femme parce que j’en ai aperçu une autre brune, que j’ai décidé d’inviter à sa place. C’est alors qu’un garçon est également désireux de l’inviter à prendre part au bal. Comme il hésite, je prends les devants, et m’élance avec la jeune femme brune.

Ensuite, nous quittons la place tous les deux pour nous rendre vers des dunes de sable. Il y a là des arbustes et de grands arbres, avant une forêt. Au loin, on aperçoit la mer. Nous arrivons à une jonction que nous prenons. Le chemin est parallèle à la côte, mais situé assez loin de la mer. Il traverse la forêt. Nous accélérons le pas, car au loin j’aperçois ses parents. Ils sont, en fait, derrière nous. On quitte le chemin lorsqu’on ne les a plus en vue, et nous nous enfonçons dans la forêt. Celle-ci est très dense. Nous montons alors une colline et en haut de celle-ci, on aperçoit une clairière…

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Tous les arbres sont abattus, ils jonchent le sol. Ce sont de très gros troncs. Nous marchons sur eux. Brusquement, nous apercevons au milieu des arbres abattus l’entrée d’un trou dans le sol de forme rectangulaire. Ces bords sont cimentés. Nous nous retrouvons alors en bas d’une excavation profonde où il y a de l’eau et des troncs d’arbres qui flottent. C’est très sombre, mais l’eau est très claire. On se promène dans la grotte sur des troncs d’arbres en les utilisant comme des bateaux. Maintenant, nous sommes à trois : cette jeune femme brune, moi-même, et un garçon venu nous rejoindre.

Un obstacle se dresse alors : je pourrais atteindre la terre ferme qui borde les murs, mais je tombe à l’eau. Je remonte sur un tronc d’arbre, et nous sommes tous les trois chacun sur un tronc. Nous décidons de quitter les lieux. Une entrée communique avec d’autres grottes. Un garçon est parti par là, et on n’a plus jamais reçu de ses nouvelles. Il s’est engagé dans le labyrinthe et n’en est pas ressorti.

J’aperçois alors une corde osciller, en haut du trou. Elle est trop courte pour l’attraper sans faire un effort sérieux. Il faut sauter un bon moment. J’essaye et je réussis alors du premier coup à l’agripper et à monter. La corde s’arrête en bas de l’orifice du trou près de la sortie cimentée. Je dois encore franchir un obstacle. Un petit garçon est là, il m’aide à sortir du trou. Je dois m’occuper des autres qui sont restés en bas. »

Commentaires :

« Oh la fin du rêve est évidente : il me faut quitter ma mère !

Les troncs d’arbres ? Quand ils sont dans le fœtus, il n’y a pas de développement.»

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« Voulez-vous m’expliquer votre dernière phrase ? »

« Il faut quitter la mère pour se structurer, on ne peut pas quitter la grotte par l’intérieur. Le garçon parti tout seul autrefois, n’en est jamais ressorti.

La corde est trop courte, elle doit représenter les rêves, cela ne suffit pas, c’est nécessaire, mais en plus il faut faire un grand effort sur soi-même…

Il y a là des autres parties de moi : mon féminin, et aussi mon ombre.

Le rôle du moi est de reconnaître ses différentes parties, afin de pouvoir s’en sortir.»

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Arthur est dans la rue, c’est-à-dire dans la vie de relation nécessaire. Désormais, il va vers son évolution et son individuation, aussi se dirige-t-il vers une place, un lieu de rencontres très symbolique, où les gens représentant la société forment un cercle.

Le cercle est magique, son centre est vide car il est occupé par celui qui fait tourner toute chose autour de lui-même en équilibre.

Ce centre aucun homme ne peut s’y placer car il appartient au divin.

La danse représente la vie, la relation, la vie du corps, le prélude à l’évolution, mais aussi le moyen d’accéder à son propre corps, à l’harmonie des différentes parties. Elles vont permettre la relation corporelle à l’“autre”.

Jusqu’ici Arthur a été relié à ses parents eux-mêmes intégrés dans l’ordre social.

Les gens situés en-dehors du cercle sont “excentrés”, marginalisés. On ne trouve son centre de gravité qu’après avoir effectué la rencontre de l’autre.

Arthur peut encore hésiter. Il est à un âge des essais où il faut faire des rencontres, afin de devenir sélectif : aller comme les chevaliers de la table ronde à la quête du Graal, c’est-à-dire de l’urne sacrée représentant la partie féminine de chaque homme.

Cette dernière doit être projetée et réalisée sous la forme d’une jeune femme. On ne trouve sa partie féminine qu’après avoir quitté symboliquement ses parents.

Arthur ne peut trouver la corde qu’après avoir rencontré cette partie féminine de lui-même que Jung appelle “l’anima”, c’est-à-dire ce qui l’anime du dedans, schématiquement son âme en langage chrétien.

La situation d’Arthur se déroule alors sur un chemin parallèle à la côte.

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Il devra se rendre compte de la structuration matérialiste dans laquelle il n’a cessé de vivre jusque là : l’orifice du trou est rectangulaire ce qui est voisin du carré. Cette figure comporte quatre angles et correspond à la croix chrétienne c’est-à-dire aux jeux des ambivalences et à l’épreuve de la crucifixion.

Ces bords sont cimentés traduisant l’empreinte maternelle dans le cas précis très rationaliste et peu conforme à la nature féminine d’une mère amputée dans sa féminité.

Sa mère ayant usurpé le phallus ou plus exactement son père étant évanescent et ne jouant pas son rôle, la clairière comporte beaucoup de troncs d’arbres horizontalisés, abattus.

Cela traduit le travail de “sape”, de l’autorité paternelle qu’il n’a cessé de vivre tout au long de son existence, car non seulement sa mère l’a mis au monde, l’assume, mais joue le rôle du père qu’elle écarte et semonce vertement devant les siens, voire autrui.

2757834420_135e1c55a9.jpgC’est pourquoi on retrouve ces grands troncs phalliques au fond de la grotte flottant dans l’eau. Cela n’est pas s’en déplaire a Arthur qui s’est trouvé valorisé de ce fait dans sa compétition avec son père aux yeux de sa mère.

Il lui faut quitter les chemins tracés par elle précisément. On ne peut accéder à son“anima” sans quitter la “terre mère” et ses projections fantasmatiques.

Arthur comme bien d’autres tombera à l’eau. Comme les chevaliers des légendes il devra après avoir traversé un certain nombre de rivières, rencontrer la femme ultime celle qui correspond précisément à sa réalité intérieure.

Le rêve lui explique, et il l’a fort bien compris, que cette corde oscillante et nue correspond à une aide providentielle, un fil d’Ariane, une sorte de manne céleste, venue du dedans : par

l’intermédiaire de ses rêves. Encore, faut-il les attraper, ce qui nécessite un effort réel, puis se hisser, ce qui en exige un second non moins important de vouloir se verticaliser.

Cela ne suffit pas pour effectuer un dernier rétablissement avant de sortir de l’épreuve, un jeune enfant est là pour l’aider, il correspond à son renouveau, une sorte d’enfant spirituel, sans lequel Arthur n’aurait jamais pu échapper à une épreuve terrible où une majorité des êtres reste confondue.

2458401093_a7e9cbc3bb.jpgLe rêve lui explique que le centre doit rester vide, et qu’il ne faut pas suivre sa tendance encore enfantine à se prendre pour le centre du monde.

 « Avez-vous lu la nouvelle de Dino Buzzati, concernant cette corde qui pendait à laquelle le prince des brigands s’était accroché ? »  lui demandais-je.

Devant son silence, je lui narrais alors la nouvelle de Buzzati. L’auteur ne fait que reprendre des propos anciens de Dante ou des textes bibliques. Ils stipulent que nul ne s’échappe seul.

Peut-être ainsi en est-il de tout thérapeute authentique : on arrive à se guérir en aidant les autres, et d’abord en se guérissant de son égocentrisme.

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