LE PASSSEUR

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Professeur Bernard Herzog - Médecine et Thérapies du Futur Connaissances et recherches pour améliorer Votre Santé et Votre Vie


Les pouvoirs du verbe

Publié par Bernard Herzog sur 13 Novembre 2012, 17:31pm

Catégories : #Le Thérapeute

Ptolémée Wikipédia

 

Les pouvoirs du verbe

 

Comment la négation de l’autre engendre son agression physique

 

Les paroles délétères 1

 

Sous ces mots nous évoquons par exemple le verbe sanglant des faux thérapeutes qui ne veulent ni entendre ni écouter mais qui savent parfaitement bien agresser et blesser.

Avec le verbe on peut faire beaucoup de choses ! Le verbe est le centre d’une phrase. C’est aussi une expression : « Le verbe est ce que je suis ». « Si le verbe est ce que je suis, je ne suis pas ce qu’est le verbe ». On trouve des réflexions de ce type dans les évangiles.

Le verbe selon Émostos : « le verbe fait ce que je suis, mais je ne suis pas ce que dit le verbe ».

Ptolémée contait également : « Verbe est mon expression, et mon expression n’est pas ce qui est exprimé par le verbe ». Que diriez-vous sur cette question d’importance ?

Il y a toujours un décalage entre la formule et ce que nous sommes en profondeur. On n’exprime que la partie la plus superficielle, on demeure en surface.

Le verbe peut être doux à l’oreille et en même temps assassin pour la personne qui le reçoit car elle l’interprète à sa manière.

Le verbe peut être l’expression de la pensée comme il peut être l’expression du coeur. Il peut être aussi l’expression des deux. On peut dire aussi que le verbe est une expression de soi, mais on cherche toujours à le parfaire pour mieux communiquer avec l’autre.

 

Le verbe n’est pas une expression, c’est l’état de l’expression ! C’est l’état de l’être ! C’est l’état du sujet lui-même !

Selon les circonstances, le verbe dans son expression n’est qu’une émanation furtive et parfois futile, d’un raisonnement plus ou moins structuré, expliqué.

Il y a dans le verbe, à la fois « une face apparente et une face cachée. » Le verbe fait l’existence alors que l’expression par le verbe n’est qu’une émanation de cette expression. Donc, le verbe n’est qu’une réalité manipulée par un manipulateur.

 

1955605432_88d0f8dce2.jpgEn araméen, en langue hébraïque que représente le verbe ? Ce sont les premières paroles rapportées dans la Bible, au début de la Genèse, « Au commencement était le verbe… ». Le verbe exprime ce que les envoyés divins ont fait et dit. En inversant la phrase : « les envoyés ont dit ». Le verbe selon le sens dans lequel on va le prendre, la directive dans lequel on va l’exprimer, ne va représenter qu’une face

de l’expression propre. Elle ne va s’exprimer que par la seule face par laquelle il est entendu. En conséquence, l’expression de ce verbe s’effectuera comme un palindrome exprime cette lecture à double sens.

Le verbe véhicule des images et des sons. Selon la forme par laquelle le verbe va être exprimé, la déformation sonique des gaz qui en résulte, va répercuter des échos plus ou moins perçus. À ce moment là, cela va s’inscrire dans un registre donné ; on retrouve les notions de « signifiant » et de « signifié » chers aux psychanalystes.

 

Le verbe est perçu à travers un codage éducatif, familial, ethnique, clanique. Selon l’entendement que l’on va se donner, selon la manière que l’on va percevoir le choc sonique, selon la manière que l’on va appréhender l’expression, le message perçu peut être totalement différent de ce que l’émetteur a cherché à exprimer, à être. Si je vous offre une friandise, vous pouvez la prendre pour la manger, soit l’accepter différemment ou l’interpréter autrement. Un sujet croit faire plaisir à on interlocuteur qui

comprend différemment. Cela est très important car cela pose le problème de la communication entre les êtres.

L’époque est à la violence. Lors des séminaires de psychanalyse, il y a trente années déjà, Roland Cahen me demandait mon opinion sur le retour collectif à la barbarie. C’est devenu un sujet à thème sans que les véritables racines de cette régression ne soient bien intégrées.

En parallèle, l’abbé Pierre disait à ses amis : « Vous pouvez chercher Dieu partout, vous ne le trouverez nulle part, il est chez l’autre, chez votre voisin, en chacun de vous ! » Certes, mais l’avons nous intégré réellement ? J’en doute fort.

 

L’ère rationaliste et matérialiste contemporaine est le fruit du reniement sacré, il ne date pas d’hier !

L’origine de cette dérive est précisée avec une grande lucidité par Nicolas Berdiaev (entre 1910 et 1930) dans plusieurs livres : La fin de la Renaissance (Khomiakov), et Le nouveau Moyen-Âge. La Renaissance portait les germes de cette évolution ayant désacralisé l’homme pour avoir renié le domaine divin. L’« ère des lumières » a généré le positivisme, le capitalisme, le socialisme, le nihilisme, le nazisme, le communisme et l’anarchisme.

« L’humanisme a eu sa première manipulation dans la Renaissance, c’était la plus créatrice et la plus somptueuse. »

« La dialectique autodestructrice de l’humanisme s’y déploie : la proclamation de l’homme sans Dieu se dressant contre Dieu, la négation de l’image et de la ressemblance divines dans l’homme conduit à la négation, à la destruction de l’esprit antique. » N. Berdiaev

Ainsi l’homme est devenu un numéro de matricule et, dans notre société commerciale, un consommateur voire une simple marchandise. Cela a contribué à donner la mort industrialisée à grande échelle, le siècle passé, qu’il s’agisse des pogroms, de la shoah ou des génocides qui se poursuivent

aussi de nos jours. Du côté scientifique, on nous apprend que l’homme est descendant du singe, ce qui constitue un nihilisme scientifique pathogène. Il ne s’agit que d’une extrapolation pseudoscientifique.

L’éjection de la dimension émotionnelle, spirituelle, du sentiment et de l’affectif, bref du cerveau limbique notamment, entraîne en retour du refoulé : le sentimentalisme, l’accentuation de l’agressivité, des violences, des peurs, l’anxiété collective.

Je vais m’efforcer de vous apporter quelques preuves « scientifiques » des conséquences de la négation de l’autre sur le corps humain, ce qui fait suite à mon livre, Les tourments de l’âme – Maladies du corps. Tous mes ouvrages, depuis 1985, sont plus ou moins consacrés à l’action de la

psyché sur le corps.

 

 1 Nocives, mettant la vie en danger

 

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