LE PASSSEUR

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Professeur Bernard Herzog - Médecine et Thérapies du Futur Connaissances et recherches pour améliorer Votre Santé et Votre Vie


Les maladies engendrées par L’irrespect

Publié par Bernard Herzog sur 31 Mars 2011, 11:08am

Catégories : #Le Thérapeute

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Je vais essayer d’évoquer avec vous le thème du respect à partir de quelques observations cliniques.

Avant de poursuivre plus en avant je vous propose la traduction d’un poème qu’un ami a rapporté d’un de ses voyages d’Asie parce qu’il donne une clé nécessaire à la compréhension de ces faits cliniques.

 

Le Poème oriental donne la synthèse

 

« Salam ! Par le respect entre vous et de vous-même vous assainissez votre corps ainsi que vos oreilles. Non seulement vos esgourdes mais aussi vos yeux !

Vous me conterez que cela n’est guère possible, que par le respect vos oreilles se lavent et vos yeux s’éclaircissent. Car la sonorité que vous émettez ne sort non seulement de votre cœur mais aussi de votre verbe par votre larynx. Il sort pour accueillir avec hospitalité vos hôtes mais aussi pour accueillir votre vous-même ; car le vous-même est aussi l’hôte de votre corps. Au travers du respect que vous lui portez, vous apporterez le respect à vous-même, celui de l’intérieur, fait à l’image de YAHVE

 Certes, ce respect peut être détruit par l’irrespect : irrespect du voisin à votre égard, irrespect de votre raison à votre égard. Mais l’irrespect est toujours combattu par le respect.

En fait, le respect c’est quoi ? C’est la paix de la chose, ce n’est qu’un chemin fait de quiétude dans les choses de la vie, et la chose c’est le grand V, le V de YAHVE.

File2679.jpgCette lettre V est le réceptacle de la paix qui passe non seulement par votre verbe mais aussi par vos oreilles, vos yeux, votre cœur, et aussi par votre sexe, car il n’est qu’un réceptacle de la vie. Dans ce réceptacle la semence est source de procréation, mais aussi la semence de la vie, le ressourcement de la vie naturelle, une recharge énergétique de tous les chakras. C’est bien une chose de la paix.

 Pour être dans le chemin du respect, vous ne pouvez réaliser l’unité qu’en communiant. En faisant l’unité vous ne faites qu’un. Un, c’est quoi ? C’est YAHVE, ce n’est pas autre chose. Le mot YAHVE signifie « oui je vais à mon développement spirituel, vers la connaissance ».

 « En ton royaume tu es le maître, mais dans ton royaume tu ne seras jamais le maître si tu n’as pas trouvé la sagesse de l’unité ». L’unité c’est le respect, c’est donc le chemin de la chose de la vie.

 Seuls ne sont élus que ceux qui s’avancent fièrement vers cette voie de sagesse qui est la contemplation du Temple Sacré. Dans ce Temple Sacré, qu’est-ce qu’on y voit ? On y voit, oh des choses fort simples, le plus beau des frontons.

RES-PECT, mot issu du latin res-pax ou la Chose de la Paix. Paix en toi-même, paix avec toi-même, paix à l’entour de toi-même, paix à l’ensemble de toi-même. C’est cela la chose. Et quand vous trouverez la nef du Temple Sacré, qu’est-ce que vous pourrez voir ? Qu’est-ce que vous pourrez admirer ?

La Lumière de la Paix, la Lumière de la Vie en paix. Et dans cette vie l’image de toi-même face à YAHVE, uni dans le sens trouvé et sacré de la colonne sacrée. Oh certes ce que je vous conte est un peu difficile pour des oreilles non initiées. Mais pour vous qui cherchez et qui êtes déjà sur le chemin de cette initiation cela doit être aisé. Allah Gloria. »

 Si cette notion de respect était mise en application, la majorité des soignants serait réduite au chômage.

 Mais comme l’humanité est ce qu’elle est, le respect est une notion plutôt méconnue ce qui engendre l’irrespect qui, de toute l’histoire de l’humanité se rencontre bien plus souvent que n’importe qu’elle notion d’aide.

 C’est bien d’aller porter nourriture ou médicaments à tous ceux qui sont en proie à la MALADIE (ou le Mal dit), par des souffrances générées par les guerres qui ne font que se succéder régulièrement, ou à chaque occasion où l’homme se comporte comme un loup. Nous ne rencontrons plus en permanence ces périodes de troubles et de grands désespoirs engendrées par les épidémies. Mais par contre nous rencontrons sans cesse beaucoup d’épidémies irrespectueuses. Je vais en donner quelques exemples.

 Ayant consacré mon existence à la Médecine, j’ai malheureusement eu le plaisir de rencontrer des cas très différents et très surprenants : irrespect de l’entourage familial, ou du voisinage voire du milieu où on vit, irrespect dans les relations de travail ou dans l’entourage des milieux fréquentés, notamment le milieu médical.

2242617978_959afb5c96.jpgCertes, il existe un certain nombre de grands médecins : ce sont souvent des hommes de lumière généreux ayant de grandes motivations. Ceux-là nous les rencontrons tout le long de notre parcours. Mais, entre ces bornes lumineuses, nous avons trop souvent affaire à des bornes irrespectueuses qui essaient de voiler la face de nos grands médecins qui nous enseignent avec bonté et respect l’art d’Hippocrate.

Cet irrespect engendre des conséquences incalculables sur le fonctionnement psychique et les secrétions des glandes. Par conséquent l’irrespect est à l’origine de dérèglements endocriniens majeurs que nous pouvons observer.

 

Violences – Brutalités

 

Voici par exemple l’histoire d’une jeune fille d’une douzaine d’années issue d’un milieu familial tordu – quand j’utilise le mot « tordu », c’est entre parenthèses – en effet le père était un homme violent, un pervers, il brutalisait les femmes qui lui tombaient sous la main et les violait .

 Cette charmante adolescente fut prise en charge par une tutelle administrative. Elle lui imposa de consulter des médecins renommés dans l’étude des problèmes caractériels. Mais la jeune fille conservait son problème sur son cœur.

Au cours d’un entretien scolaire, elle réussit à se confier à la directrice de son école. La mère de la jeune fille, une brave femme, fut très émue de la voir enfin parler. Elle combla la directrice de l’école de tous les bienfaits qu’elle pouvait. Quand le médecin psychiatre l’apprit, il l’incendia de bêtises et d’insultes.

Vision balinaise maladieVenue me consulter, j’observais une défaillance de la glande thyroïde, des surrénales, de l’appareil digestif et de tout l’axe génital. Il existait par réaction un hyperfonctionnement du parasympathique, ce qui à plus ou moins long terme allait déclencher un dérèglement hormonal de l’axe surrénalien – pancréatique (insuline) – ovarien.

 Une attitude négative a des conséquences aussi brutales que celles d’une flèche qui transperce de part et d’autre un corps humain. L’irrespect est devenu tueur comme le serait le venin d’un scorpion ou une grosse mygale.

 

Famille Négative

 

Un ami confrère me confia une jeune femme sur le point d’être anéantie par la folie de sa famille qui la faisait passer pour une malade mentale. Cette hystérie familiale avait une répercussion sur les enfants de cette personne, notamment sur une de ses filles, générant des troubles neuro-sympathiques avec destruction des cellules glandulaires neuro-médiatrices du troisième cerveau, c'est-à-dire le cervelet près de la chaîne centrale.

 Certes cette personne était infantile, mais elle n’était pas plus folle que les infantiles qui l’agressaient. Elle aussi avait le système thyroïdien et surrénalien dans un état lamentable, l’irrespect avait fait son œuvre.

 Ces deux observations vous montrent que ces sujets ont été écrasés et terrassés par l’irrespect.  

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Les Interventions Fâcheuses et abusives

 

Je reçois un couple en consultation. La femme m’explique qu’elle avait perdu un enfant suite à une grave infection pulmonaire. Le médecin lui avait déclaré dès sa naissance que cet enfant n’était pas viable et qu’il n’avait que quelques jours à vivre.

Ils le cajolèrent et le firent grandir avec amour et respect, jusqu’à l’âge de trente ans. Il était presque aussi fort qu’un sujet sain et moins maladif. Mais cet idiot, croyant aux sirènes émises par un médecin, se fit enlever un poumon et greffer un neuf prélevé sur un cadavre frais !

Il fut définitivement guéri en soixante heures, en allant sucer au plat pays des allongés la racine des marguerites…

Peinés, les parents en firent part au chirurgien. Celui-ci leur répondit que l’implantation avait parfaitement réussi, mais que le malade n’avait pas supporté les effets secondaires du traitement. Le chirurgien était fort satisfait de son travail, et les parents fort mécontents.

Le père en souffrit et s’asphyxia en se créant une hypertrophie d’une glande de la gorge, mais qui ne le gênait en rien. Par acquis de conscience, il alla tout de même consulter son médecin qui lui fit une biopsie. Il rencontra ensuite un autre spécialiste.

« Mon cher monsieur, vu la taille de votre gorge irritée et à demi obstruée, je ne vous donne que six mois à vivre. Si je vous soigne selon le protocole classique, vous allez perdre vos cheveux et vos dents et beaucoup de poids. Finalement dans quelques mois, vous ne serez plus de ce monde. Fini pour fini je vous laisse le soin de choisir. » Le brave homme lui dit « Oh je vous remercie de me donner cette grande chance, que vous m’offrez, je préfère rester tel que je suis. Comme vous êtes médecin pouvez-vous me donner quelque chose qui calmerait ma gorge irritée par le geste malhabile de votre confrère ? »

Consulté en seconde intention je ne lui ai rien donné. Je lui fis simplement comprendre qu’il avait été se confier à des techniciens irrespectueux ; irrespectueux de l’intégralité de son corps ; irrespectueux vis-à-vis de ce qu’on attendait d’eux en les consultant.

4949555879_1a961b7231.jpg« Pourquoi avoir enlevé un poumon pour le remplacer par un autre provenant d’un sujet décédé alors qu’il se portait bien ? Et bien le minimum c’est de pouvoir vous faire respecter, tout en vous respectant vous-même. Par le respect vous amenez la chose de la paix, et la paix de la chose vous lavera comme une eau propre purifie. Certes votre terme comme le terme de chacun d’entre nous est prévu par votre décision inconsciente quoi qu’il arrive. »

 Il me remercia alors en me disant : « C’est la première fois qu’un médecin diplômé me parle sur un ton aussi familier et aussi respectueux. Je vous remercie, j’ai eu l’impression effectivement que votre parole m’a soulagé. »

Deux mois plus tard, il était toujours vivant et venait me dire qu’il s’était merveilleusement porté, bien avec un peu de gêne, mais sans plus durant ce temps.

Il venait en entretien pour s’imprégner et comprendre la notion de respect, c’est-à-dire de la chose en paix. Il vit depuis plus de trois années.

692910335_7d458f891b.jpgOn Ne Change Pas Impunément de Sexe

 

Il y a un an environ, j’ai reçu la visite d’un bel homme, jeune et fort élégamment habillé, s’exprimant un peu sur un air de marivaudage.

Il me regarda, me toisa et me dit tout simplement : « Mon cher ami, je viens vous voir parce que j’ai un petit problème mais je crois que votre titre et votre réputation vont me permettre de réaliser le but que je souhaite atteindre.

Je ne suis pas malade, je me porte très bien. Le problème est que j’ai absolument envie de devenir une femme !

J’ai un compagnon, un bon mâle me direz-vous, et je voudrais me mettre dans la peau d’une bonne femelle, je voudrais donc subir les traitements hormonaux et chirurgicaux nécessaires pour avoir des beaux seins et le sexe d’une femme. »

 Je lui répondis : « Monsieur, premièrement on ne m’appelle pas « cher ami ». Deuxièmement vous me paraissez bien jeune, vous devez donc vivre selon l’état présent de votre corps et le respecter. Si vous souillez votre corps avec des molécules chimiques vous le violez, je ne peux me prêter à un tel jeu parce que je deviendrais irrespectueux vis-à-vis de moi-même. Troisièmement quand on souille son corps par des pensées aberrantes et une volonté de se désincarner par un changement, on ne peut que ressembler à une viande pourrie. Si vous prenez cette direction vous ne pourrez que supporter la colère et la vengeance de votre corps ».

 Je lui indiquais avec fermeté la fin de l’entretien. Il se leva, me jeta un œil glacial et révolté et me dit dédaigneusement:  « Je connais bien d’autres médecins qui accepteront de me prescrire ce traitement et vous perdrez gros ! »

Je lui rétorquai que je préférais perdre gros et conserver le respect que je porte à ceux qui souffrent et me consultent.

J’oubliais cet incident ; environ un an plus tard, deux braves petits vieux, marchant l’un contre l’autre, vinrent s’engouffrer dans mon bureau et s’effondrer sur deux fauteuils en me disant : « Docteur nous avons trouvé votre nom, dans le carnet de notre fils ; cela ne vous dira rien, mais nous allons raconter son histoire. » Au fur et à mesure de leur récit, la mémoire revint. Ils terminèrent en disant :

351839086_4946958a89.jpg« Nous avons appris qui a ordonné ces traitements à notre fils. Nous venons vous remercier pour votre attitude, parce que dans son carnet, à côté de votre nom il avait noté : ″ c’est un con, il a refusé ! ″  Un de vos collègues a accepté et a reçu deux cent cinquante mille francs. Cela fait deux mois que nous avons enterré notre fils, mort dans d’atroces souffrances. Il a subi plus d’une dizaines d’interventions chirurgicales pour essayer de ressembler à une femme. »

 Je les écoutai, les remerciai de leur franchise et leur dit : « Vous savez, Monsieur, Madame, la vie est si fragile qu’on a le devoir de la respecter. Et pour cela, il faut laisser la Nature en paix. Vous m’avez donné l’appréciation de votre fils, elle me fait un grand plaisir. C’est une belle récompense d’avoir servi le serment d’Hippocrate, car je n’ai aucunement blessé le corps ni l’esprit de votre fils. Seule sa raison l’a aveuglé. Dans le chemin de l’irrespect, il a amené la colère de la chose de la paix ce qui est pire qu’un volcan. » Ils s’en allèrent avec l’expression d’être en paix.

 

Le Verbe Vénéneux

 

Un autre patient vint me conter : « A la suite d’une visite chez un de vos confrères, il m’a opéré, en me disant que j’avais un état précancéreux de la glande thyroïde. Selon lui cette opération m’avait totalement guéri.

J’avais dans un premier temps résisté à sa demande mais celle-ci fut si pressante que je fus finalement contraint d’accepter car il m’imposa sa décision en me faisant très peur : « Ou je vous soigne, ou je vous laisse mourir. Si je vous soigne, je vous guéris. Si je vous laisse tomber, vous crèverez comme un rat ! »

 « J’ai été angoissé pendant un mois. Finalement, paniqué, je me suis laissé opérer et maintenant je suis pris au piège, comme un rat. »

J’examinai ce malade et pris connaissance des résultats des bilans hormonaux. Il avait effectivement un léger dérèglement de sa glande thyroïde.

L’interrogeant, je compris l’origine de son problème. Ses relations charnelles – ou plutôt carnassières – avec sa femme étaient d’un type particulier : tourmentées et tempétueuses. Il subissait en outre dans son travail l’épanouissement orageux et écrasant d’un patron tyrannique.  

L'homme devant sa destin+®eIl sentait bien que la vie lui échappait. Je le rassurai : « Il faut d’abord vous remettre sur pied. Si vous avez de tels problèmes avec votre femme, prenez un autre logement pour vivre en paix. Ce sera déjà le début du respect de vous-même. »

Il me répondit qu’il ne le pouvait pas car il avait des enfants. Je lui rétorquai : « C’est bien d’avoir des enfants, mais si vous êtes exposé à l’irrespect donc à mettre la colère en vous-même, ce n’est pas une raison pour se désigner comme volontaire pour aller sucer les racines des coquelicots, bien que ce soit un pavot fort goûteux, et en ce qui concerne votre patron essayez d’en trouver un autre un peu moins insolent ! »

 Je lui conseillai quelques gélules à base de plantes pratiquement inoffensives, histoire de lui donner quelque chose. Quinze jours plus tard, je vis débouler à ma consultation une amazone complètement folle. Elle me dit : « Vous avez fait casser un ménage, car mon mari a suivi votre conseil et moi je suis sans mâle ! »

La dévisageant, je vis que cette folle était plutôt en mal d’emprise : sesmaines étaient plus habiles à se servir d’un bâton qu’à donner des caresses.

J’ajoutai : « Madame, je n’ai point l’honneur de vous connaître, mais en vous voyant je constate une hyperexcitation surrénalienne qui accentue votre comportement hystérique et démoniaque.

Il vous faut un mâle pour l’aplatir et l’envoyer au boulevard des allongés.

Calmez vos pulsions agressives et irrespectueuses, sinon vous finirez par connaître la colère des dieux ! »

Elle sortit en m’injuriant, je pris cela pour un compliment.

Je revis le mari ultérieurement : il avait quitté la demeure conjugale. Depuis il passait des nuits merveilleusement calmes et agréables.

Il avait changé de patron pour un chef plus calme et plus reposant, certes son salaire avait diminué, mais il avait retrouvé le goût de vivre. Je le suivis régulièrement pendant un an : il avait retrouvé la vitalité et son intervention sur la glande thyroïde n’était, d’après le confrère, plus qu’un mauvais souvenir.  

3364277188_f554c060ce.jpgUn Époux Non Désiré Violent

 Je reçus une femme toute menue et bien gentille, entourée d’une demi douzaine de gamins. Elle se plaignait de troubles menstruels et d’un gonflement des glandes mammaires bien plus développées qu’elle ne le désirait. Il y avait aussi des ennuis digestifs gastriques et de l’œsophage inférieur, essentiellement des ballonnements. Ses yeux étaient exorbités et elle se plaignait de douleurs importantes de la colonne cervicale et lombaire.

Je compris vite qu’elle ne devait pas être très gâtée par son conjoint ni par sa vie. Je lui demandai de faire sortir les enfants du bureau et de les mettre dans la salle d’attente. Elle me confia alors que ses chers parents lui avaient désigné d’office un mari. Par respect pour les auteurs de ses jours, elle avait accepté à contre cœur.

Son époux, un militaire habitué des maisons closes et des prostituées, lui fit subir des relations violentes. Je parle « d’outrances », parce qu’elles n’apportaient aucunement la paix dans la chose la plus agréable qu’un couple puisse avoir, ni la paix de la relation.

Chaque nuit, elle subissait un viol caractérisé, sans compter les assauts sur la table de la cuisine, dans l’escalier ou par voie anale !

Elle eut la chance de n’avoir ainsi que six enfants. En neuf ans de mariage elle avait perdu la bagatelle de douze kilos. Elle n’en pouvait plus, mais en bonne catholique et par respect aux auteurs de ses jours, elle subissait des outrages de toutes sortes, pas seulement au lit. Il lui arrivait fréquemment d’essuyer le revers d’une main ou de recevoir un coup de pied. Elle n’était plus qu’un jouet, devenue la chiffe molle de service.

Quand elle eut achevé de se confier, elle me dit surprise : « Je vous ai raconté ma vie, c’est bien la première fois que ça m’arrive ! »  

Epreuves-de-l-existence-copie-1.jpgJe la rassurai : « Vous me demandez conseil dans le respect de votre vie. Je veux bien vous aider, mais mon traitement ne servira à rien, si vous ne décidez pas de vous prendre en charge». Elle me toisa, mit ses coudes sur mon bureau et ajouta :  « Vous me faites prendre confiance en moi, j’accepte que vous m’aidiez, mais j’ai peur de me culpabiliser vis-à-vis de mes parents. Que vont-ils dire ? et mes frères et sœurs ? L’une est bonne sœur, mère supérieure de son couvent, elle va être outrée si je prends une décision contraire à celle de mes parents ».

 « Vous êtes bien assez grande pour dire merde à vos parents et au reste de la famille, ils n’ont rien compris à la vie. Que voulez-vous ? Etre respectée dans la dignité de votre vie de femme ou demeurer soumise comme une esclave ? »

Elle me répondit spontanément : « Je veux être une femme et vivre dans le respect ».

« Eh bien suivez ce conseil : prenez vos enfants avec vous et déménagez. Cela vous prendra peut-être quelques mois le temps que vous soyez prise en charge ».

Elle suivit ce conseil. En un rien de temps elle avait vidé les économies de son mari, vidé la maison et trouvé un autre logement. Et elle se mit sous une protection juridique.

Elle revint me voir après deux mois environ.  

14 L'oiseau et l'+®glise-copie-1« Depuis que je suis seule avec mes enfants, c’est dur, c’est vrai, mais je dors comme je n’ai jamais dormi et je sens mon corps revivre dans la paix et je retrouve la notion de vie. Je me sens respirer. Par contre j’ai reçu une lettre incendiaire de mes parents, ainsi que de la mère supérieure, quant à mon frère bourru comme il est, il est venu frapper à ma porte, et m’incendier de tous les jurons : j’étais devenue une putain et j’ai peur qu’il révèle à mon homme où je suis ».

« Et bien, vous irez ailleurs » lui dis-je. Ce qu’elle fit. Elle ne donna plus de nouvelles à sa famille, vécut heureuse et retrouva la santé, reprit non pas douze mais vingt kilos. Elle se sentit bien et retrouva la joie de vivre par la rencontre d’un homme doux et respectueux.

 

Les Punitions Ou L’Irrespect de Soi

 

Quelques temps plus tard, j’eus la visite d’un confrère cardiologue. Il souffrait de palpitations cardiaques excessives. Il ne voulait pas se faire ausculter par ses confrères car il avait peur d’eux, notamment de leurs attentions particulières.

N’ayant pas beaucoup de connaissances techniques en cardiologie, je laissai mon intuition s’exprimer de la façon la plus simple : je demandai seulement combien de cigarettes il fumait par jour et combien il buvait de tasses de café. Il me répondit qu’il fumait deux paquets de cigarettes et buvait plus d’une trentaine de cafés par jour.

En l’examinant on pouvait percevoir des ganglions enflammés le long de la chaîne sympathique cervicale. « Cher confrère, je vous conseille de ne fumer qu’une seule cigarette par jour et de boire une eau de qualité à la place du café. Vous allez prendre quelques gélules calmantes car vous avez mis le feu au volcan ! Vous avez peur de votre terme qui n’est qu’un passage obligatoire pour une nouvelle naissance. Si vous désirez y parvenir plus vite que prévu, c’est votre problème ! Si vous voulez aller jusqu’à la date que vous avez prévu vous-même, suivez mon conseil ».

Je lui fis comprendre que l’irrespect c’était la colère sacrée de son corps bafoué. La chose est en paix mais lorsqu’elle se met en colère, elle éradique, détruit, emporte tout sur son parcours comme un feu de lave destructeur.

 Il me sourit et je crus qu’il me souriait comme si j’étais un parfait imbécile. Peut-être lisait-il dans ma pensée : il me rassura.  

200px-FR-29237_ankou02.jpg«Cher confrère, vous êtes le premier à me parler du respect et de l’irrespect. Je crois que je subis le contrecoup de l’irrespect, que j’ai maintes fois pratiqué vis-à-vis de mes malades, par la négation de la relation humaine. Je crois être devenu un soudard au service de l’Ankou ». Après son départ je songeai : « J’y suis allé un peu fort en la matière. Le nom de cet homme me dit quelque chose ».

Je vérifiai dans mes documents : son nom figurait parmi les membres importants de la conciergerie médicale. Je crus que la foudre allait me tomber sur la tête. Deux mois plus tard les ganglions de la chaîne sympathique cervicale avaient totalement disparu, son cœur avait repris un rythme normal, et sa glande thyroïde commençait à diminuer de volume. Sa sexualité reprenait cours. Les glandes sudoripares et les glandes oculaires commençaient à secréter normalement.

Je lui fis remarquer : « Mon cher confrère, je crois que vous commencez à prendre le bon chemin de la vie ».

« Si on m’avait enseigné la vie, je ne serais pas arrivé dans l’état dans lequel vous m’avez connu. Depuis quelque temps, mes malades au lieu de fuir, viennent me voir et je deviens même leur confesseur…

Vous m’avez fait reprendre vie. Au travers du respect on prend en considération non seulement sa vie mais aussi la foi de vivre. Votre thème n’est pas des plus appréciés dans notre milieu médical. Vous êtes très contesté car vous gênez étant très pointu sur le serment d’Hippocrate ».

3468517675_9767a83169.jpgL’Irrespect D’autrui

 

La veille de Pâques, j’eus le plaisir de recevoir en visite un personnage important, grand juriste en pays breton. Il avait d’énormes problèmes de gonflement de gorge et de son sexe… D’après les avis autorisés il avait un lymphome. C’est vrai : il en avait l’apparence.

Au fur et à mesure de l’interrogatoire, je voyais bien qu’il n’était pas à l’aise. Il n’aimait guère cela et pour cause : d’habitude c’est lui qui interrogeait les autres… il était plus à l’aise dans un sens que dans l’autre.

Il finit par me sortir, ou plutôt par me dégueuler, que la vie ne comptait que pour lui et non pour les autres. Tous ceux qui lui tombaient sous la main étaient des victimes expiatoires. J’évoquais aussitôt la notion du respect. En le palpant nonchalamment, je compris qu’il était aussi douillet et nerveux qu’une jeune pucelle effarouchée.

Je lui demandai ce que la notion de respect était pour lui.

D’un ton vif et vengeur il me répondit que cela n’avait rien à voir avec ma profession.

« Qui vous soigne, c’est vous ou c’est moi ? Je vous ai posé une question. Osez y répondre. Ce serait peut-être un début de chemin de votre guérison ». Il s’assit et s’exclama : « Personne n’a osé m’affronter de cette façon ».

Je lui dis d’un ton décontracté : « Cher monsieur, vous êtes en mauvaise posture pour poser cette question, car vous n’avez plus votre robe de corbeau. Ou vous voulez prendre le chemin d’une certaine amélioration et peut-être d’une guérison ou vous voulez prendre celui de l’Ankou. C’est à vous de décider. Moi, je n’ai que le loisir de vous écouter ». Stupéfait de ma réaction et de ma désinvolture, il remonta son pantalon, se mit sur son séant pour m’expliquer ce qu’est le respect.

Pour lui, le respect c’était respecter la loi : elle était sa bondieuserie nuit et jour. Je lui demandai des précisions. Voici sa réponse : « Les droits de chacun doivent être respectés tant qu’ils n’empiètent pas sur le champ du voisin ni celui de l’État ».

Je souris et lui glissai gentiment : « Eh bien vous êtes dans un drôle d’état. Eh bien non ! Le respect ce n’est point cela ! La loi c’est quoi ? La loi c’est la transcription des droits établis par des favoris corruptibles à tout crin et animés par l’orgueil d’un pouvoir. Le respect c’est autre chose que cela : c’est mettre les choses en paix.

En paix, bien sûr, avec son voisin, avec la nation élue par le peuple et installée sur un territoire mais surtout avec « soi-même » ! C’est cela votre empire. Vous rendez-vous compte qu’à force d’irrespect vous avez étouffé votre gorge et votre sexualité » ? Il me regarda tout ébahi. 

3259249440_39e392a3d0.jpgJe poursuivis mon oraison non funèbre et lui montrai que les pauvres gens qu’il avait sous la main pouvaient être effectivement vus comme des offrandes sacrificielles, mais ils étaient arrivés là du fait de chemins hasardeux qu’ils avaient pris par manque de discrimination que lui pouvait, grâce à son savoir, rendre intelligibles et compréhensibles dans toutes leurs nuances.

Certes on peut être un grand érudit et se perdre dans les dédales des labyrinthes des lois sans se délecter pour autant des malheureux choix faits par des pauvres gens du fait d’une méconnaissance de ces lois.

A la fin de la consultation, il me dit : « C’est la première fois qu’un médecin me parle de cette façon et me fait découvrir une autre facette de la vie. Il faut que j’arrive à ma soixante et unième année pour comprendre un peu cela ».

« Il n’est jamais trop tard, lui répondis-je, mieux vaut tard que jamais ».

Un trimestre s’écoula, j’eus de nouveau sa visite. Il m’apportait sur un beau cahier, un beau document bien illustré – signe extérieur de richesse – la liste détaillée de tous ses états. Non pas l’état de l’Etat avec un E majuscule, mais l’état de lui-même.

Il commençait à se sentir mieux et à mieux comprendre et à entendre les gens qui étaient en face de lui.

Il commençait aussi à se sentir prisonnier de son poste et avait demandé sa mutation pour un autre plus calme.

«C’est bien ce que vous m’annoncez, mais puis-je vérifier comment vous allez maintenant ? »

«Ce n’est pas la peine, j’ai renouvelé mon bail pour vingt cinq ans. Ma gorge s’est dégonflée toute seule, sans prendre le moindre médicament et mon sexe a repris sa forme initiale. J’ai décommandé tous les rendez-vous chez ceux qui voulaient m’irradier. Donnez-moi un nouveau rendez-vous pour faire le point d’ici trois mois et élargir cette notion de RESPECT que vous m’avez enseignée ».

Je le vois régulièrement depuis plus de deux ans. Il se porte aussi bien qu’un vieux matou ayant la forme nécessaire pour escalader les arbres et les toits.

En conclusion si la médecine est un art technique, la psychanalyse et la psychothérapie constituent un art relationnel, qui doit permettre de chercher à comprendre le pourquoi de la vie, par le respect. En faisant comprendre que la paix est la chose la plus sacrée qu’on doit aussi bien à nos corps qu’à notre entourage du mieux qu’il est possible et à tous ceux qui nous approchent on réalise sa mission de thérapeute.

 

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