LE PASSSEUR

LE PASSSEUR

Professeur Bernard Herzog - Médecine et Thérapies du Futur Connaissances et recherches pour améliorer Votre Santé et Votre Vie


L'Osmose de l'Homme avec la Forêt

Publié par Bernard Herzog sur 30 Avril 2011, 09:54am

Catégories : #Philosophie

5639798848_f419ca8053.jpgJe ne vais pas parler du jardin mais de cette envie de s’entourer d’arbres, du moins d’aimer les ballades en forêt. Natif de Nancy en pays de Lorraine, je me ressourçais le dimanche par une promenade en forêt qui me permettait de mieux travailler toute la semaine. Muté à Nantes je ne me suis jamais senti à l’aise par manque de forêts. Les besoins en bois de chêne pour les constructions navales de la Marine de Louis XIV ont créé une certaine désertification à laquelle s’ajoute celle orchestrée par les moines pour les besoins en terres arables.

 

L’équilibre rompu entre l’humanité et les forêts  

Nombreux écrivains et scientifiques nous assurent que le monde de la forêt est très important pour l’équilibre de la planète. J’approuve entièrement cette expression ou du moins cette définition, j’ajouterais qu’elle est aussi un nécessaire équilibre pour l’homme.

Lorsque l’on marche dans un endroit boisé, on peut se sentir tout petit au milieu de ces géants. Mais on s’y trouve bien, on respire. Nos esprits peuvent vagabonder dans des rêves éveillés. C’est une partie de plaisir certes agréable où nous nous sentons bien, voire reposés. Nous avons l’impression de nous régénérer.

A notre époque, les essences que l’on rencontre sont réduites par rapport à celles du passé. Ce sont le plus souvent des pins, quelques chênes, quelques hêtres ou des frênes, peu de noisetiers. Les forêts de châtaigniers sont rares dans notre région, à part quelques endroits privilégiés.

Nous avons réduit le nombre d’essences d’arbres pour ne garder que les conifères et les peupliers au profit d’une rentabilité aléatoire.

Les enfants apprécient généralement de toucher le tronc d’un arbre, parfois de s’y frotter, de s’y caresser. Les anciens ont traduit les relations des hommes aux arbres par des symboles d’utilité, de plaisir ou fantasmagoriques. Notre passé s’inscrit dans ces forêts, dans ces essences.  

755382653_0955737372.jpgLe monde des fougères

Le monde de la forêt s’accompagne de diverses familles de plantes, notamment celle des fougères, qui malgré les apparences sont fort différentes et très variées.

La forêt fait penser aux cavernes, à ce qui est sombre, tout en faisant plaisir à l’œil.

L’homme craint le monde des fougères, bien qu’il essaie de se l’approprier à titre individuel comme un souvenir de la forêt de sa naissance dans sa première demeure. Il la trouve jolie lorsqu’elle est unique. On la fauchait dans un temps passé et révolu, pour en faire soit des litières personnelles ou pour les animaux domestiques. Ce n’est pas une plante comestible, on pourrait la faucher ou la faire disparaître.

J’ai remarqué que plus on la fauche, plus elle repousse. Car c’est une plante qui, comme les arbres, demande à être coupée : elle s’offre à la faux.

Nous pourrions dire que c’est l’arbre du pauvre ou du nain. Cette dernière expression me plairait davantage. Pourquoi dois-je parler des deux ? Parce que les deux vont de pair, les deux sont de mêmes essences bien que chimiquement fort différentes. L’une ne va pas sans l’autre.

Si le monde arboricole se couvre de feuilles, la fougère couvre le sol de ses larges feuilles également, le protège et lui permet de faire renaître et développer une vie qui, sans elle, disparaîtrait.

C’est bien pour cela qu’elle nous fait penser à l’image de la caverne. Si on se laisse bercer, elle porte des envies de litière, de s’y coucher, afin de s’abandonner aux délices de la vie, aux délices charnels de la communion. Quoi de mieux ? Quoi de plus beau que de sentir l’odeur dans l’exercice pratique de la vie ?

4425091872_f399b66067.jpgL’arbre être vivant indispensable à l’homme

En effet, la communion charnelle permet de retrouver une racine et le renouvellement de sa propre essence. Car elle est identique au monde des plantes et à celui de l’arbre. Si on se laisse aller, on peut comparer notre corps à l’arbre de son choix. Deux êtres se rencontrent : qu’est-ce qu’ils peuvent se dire ? L’un va penser peut-être, en voyant un bel hêtre, combien il pourra récupérer de stères de bois de chauffage. Mais l’autre quelle pensée aura-t-il ? Vous me direz que non. Bien sûr, dans notre logique, nous ne pouvons émettre un tel avis. Je vous dirais qu’il y a une forme de pensées qui peuvent s’échanger entre ces deux êtres ? Oh, ce ne sont pas des mots, bien sûr, ni même des sentiments. Je dirais : une forme d’échange, un échange de bien-être. L’un vous accueille avec ses nombreux bras, vous couvre de ses branches et de ses feuilles pour vous protéger des rayons nocifs du soleil ou encore des gouttes de la pluie… ou vous protège du vent. Mais il vous dit « je conserve une réserve d’eau pour les mois à venir » sinon « je renouvelle et je travaille pour toi, et j’ensemence pour toi ».

Dans notre civilisation actuelle nous méconnaissons intégralement cette relation, du moins nous voulons la méconnaître. Car cela paraît idiot. En effet, doit-on perdre du temps à gaspiller quelques minutes de notre vie pour un petit bout d’hêtre ou d’érable ?

Emportés par le tourbillon du travail et des occupations diverses nous avons suffisamment de « boulot » pour ignorer que le bouleau est nécessaire à notre vie.

Vous me direz que le bouleau est fait pour être taillé. En raisonnement finaliste il est fait pour être taillé, nécessaire à notre industrie journalière, aussi bien dans le chauffage que pour la menuiserie légère car le bouleau est tendre. L’écorce du bouleau est aussi nécessaire, non plus dans l’utilisation du parchemin mais dans la composition des tanins, aussi bien pour vinifier les vins… qu’en pharmacopée. Si on recherchait un peu plus, l’utilisation serait beaucoup plus développée.

2631005513_886336cf7b.jpgL’arbre aux vertus médicinales

C’est si joli de voir un if dans un cimetière : cela le décore et lui confère sa dignité. Or l’if peut être aussi utile dans la pharmacopée. Vous connaissez les nouveaux traitements à base de « Taxol » pour les cancers du sein.

Il faudrait abattre des milliers voire des milliards d’ifs pour pouvoir soigner la population mondiale.

Je ne suis qu’un simple observateur de la vie et j’ai remarqué que si on lâche des moutons ou des chèvres, tous lèchent les écorces. Ils vont grignoter un peu d’if, un peu de bouleau et d’autres écorces.

Je ne vous conseille pas de vous laisser aller à faire de même avec les arbres : on vous prendrait pour de simples imbéciles et bons pour une demeure asilaire. Mais lorsque vous posez la main sur un arbre, qu’est-ce que vous faites ? Eh bien, la même chose ! Vous provoquez un échange et les essences s’échangent à tout instant. Vous avez l’impression d’avoir les mains sales et vous vous dépêchez de vous laver les mains. Mais les essences ont eu le temps d’être aspirées par les pores de la peau de vos mains. Les gaz émis par les arbres, par les plantes vous ont agressé au niveau de la vue et de la respiration. Vous les avez « animées », vous leur avez administrées une dose assez importante de gaz essentiels. Cela fait que vous respirez beaucoup mieux que si vous vous étiez promenés au milieu des carrefours citadins pollués par les voitures. Vous savez faire une différence entre un troupeau de vaches et une étendue de forêt, une étendue d’arbres. Les odeurs sont très différentes. Eh bien c’est la même chose : c’est bien tout à fait différent !

Vous comprenez l’importance d’aller se ressourcer dans le milieu arboral, au sens le plus large du terme.

3206476384_b244368d2f.jpgUne conception étriquée exclusivement matérialiste

Nous pensons à la forêt et nous calculons combien de stères allons-nous avoir pour cet hiver ? Certains pensent également à son inutilité totale car cela est très déplaisant d’avoir de la broussaille ou des arbres : c’est du terrain perdu pour les cultures ! Nous devons défricher à tout prix pour cultiver, pour construire. Il faut maîtriser l’expansion de la forêt et nous devons à tout prix avoir le droit d’imposer notre point de vue, contrôler le développement des forêts, de ces arbres qui ne servent qu’au plaisir des esthètes. Ils doivent servir à nos besoins pharaoniques, en tous genres et en toutes choses. L’époque est venue de pouvoir exploiter de façon intensive avec toute la méconnaissance nécessaire afin de nourrir l’humanité en expansion !

Nous voulons ignorer et nous méconnaissons parfaitement bien l’utilité de l’arbre et des plantes de la forêt. Ce n’est bon que pour la chasse et servir de refuge au gibier et le cas échéant de foyer de la rage et d’autres maladies animales (comme la maladie de lyme…)

 

La peur de la nature emprunte le langage des hygiénistes

A vrai dire, nous devrions pasteuriser cet ensemble naturel afin d’en protéger nos enfants et nous-mêmes de tout cet ensemble bactérien et parasitaire vivant et fort dangereux.

Qui saura prétendre que le tétanos s’y loge ? Que les foyers de poliomyélite se rencontrent dans les mares ou dans les ruisseaux ? Que la peste, les sangsues et les parasites s’y renouvellent ?

Nous devons donc, d’après nos études scientifiques et les administrateurs de la santé, « désinfecter », stériliser ce milieu dangereux pour l’homme… voire faire disparaître cette nature archaïque, certes agréable, mais dont l’importance devient chaque jour moins capitale que notre industrie.

4313832228_4ff652b7f1.jpgAjoutez les suggestions de nos édiles : tracer des chemins pédestres pour éviter tout accident quelconque. A moins qu’on puisse à l’avenir avant d’entrer dans les bois vacciner toute la population contre tous les maux pouvant se rencontrer dans ce milieu si riche en potentiel pathogène. Non seulement on peut s’y perdre mais on peut également y perdre la vie. Un renard enragé peut à tout instant débusquer d’un talus et vous mordre, voire un sanglier. Le monde des insectes est tellement dangereux, car une mouche, un moustique peuvent nous inoculer des maladies graves. Les urines des rongeurs (rats…) apportent la spirochétose hémorragique… etc… les retrovirus…

En outre, cette zone végétale est une source où le feu peut prendre à tout instant. Combien de gens y ont péri, par la cupidité de l’homme ou par sa négligence ?

Vous trouverez mille arguments pour vous persuader que la forêt est un monde farouche, à risque . On y rencontre aussi des hommes dangereux, violeurs, assassins, etc…

J’en viens à me poser la question suivante : le raisonnement cartésien convient-il à la vie naturelle ? En effet, vous me direz que la nature, ou du moins les milieux naturels… sont hostiles, dangereux, un lieu où l’on peut s’intoxiquer et perdre la vie.

3483197305_2a0661421f.jpgA qui profitent les erreurs

On voit bien que ce milieu est plutôt propice à toutes sortes de choses malveillantes et pourtant fort rentables. C’est la raison pour laquelle les financiers s’y intéressent. Car le bois de chêne peut rapporter beaucoup. Tant de pieds de bons hêtres ou de bons châtaigniers peuvent rapporter aussi. Mais on oublie que l’homme s’est nourri de châtaignes et de marrons et autres… Combien de gens aiment encore la farine de châtaigne ? Certains en ont oublié le goût, ils en ont même le dégoût. Le marron grillé c’est bien bon. Combien de personnes en achètent encore lors des foires ?

Je dirais que les medias et les bonimenteurs dressent un tableau plutôt négatif, sombre de la forêt pour favoriser certains desseins et enterrer nos rêves. Je ne suis point de ce bord là. Mais si j’ai décrit de cette façon de penser, c’est pour vous faire comprendre le côté industriel, plutôt malsain qui consiste à une propagande de déforestation pour replanter des palmiers à huile… J’ai évoqué le drame de la déforestation dans « Les 7 fléaux », ses conséquences climatiques, fuite des terres arables, glissements de terrains, désertification… irresponsabilité des gouvernements à la solde des financiers…

3509228297_377077fbb2.jpgLa déforestation et la décadence de la civilisation vont de pair

C’était dresser un tableau noir qui risque de vous donner le frisson ou de vous faire hausser les épaules ; Mais vous savez très bien que si nos forêts sont malades, suite de toutes formes d’agressions – physiques, chimiques, gazeuses ou aériennes – notre vie va en souffrir et nous souffrons avec elle.

Nous nous laissons aller à ce moment là à une décrépitude mentale et physique. J’oserais dire même : vers une décadence de notre espèce et de nos civilisations.

Nous pouvons remarquer à plusieurs reprises, au plan historique, que plus les civilisations deviennent brillantes, plus elles respectent le milieu naturel, plus elles respectent et elles honorent la forêt.

Le dieu « Silvain » est le dieu de la forêt. Les « Sigfried », si chers aux légendes germaniques, représentent le monde de la forêt, ce « monde de la vie », cher à toutes les légendes de nos civilisations, quelles soient asiatiques, orientales, européennes, slaves, andésiennes ou africaines. Quels que soient les continents, la forêt est adorée, fût honorée, que ce soit la forêt amazonienne, sibérienne ou australe. Elles ont toutes alimenté la vie et donné naissance à l’histoire des civilisations humaines.

2535344139_8041e59b40.jpgLa forêt ligne de vie, de survie

Combien de personnes y ont trouvé refuge et vécu pour se protéger ? Combien d’ermites s’y sont plongés pour retrouver le chemin de l’esprit, de leur Foi ? Car à l’exemple des arbres on s’élance vers l’ascension du ciel, de notre soleil, c’est-à-dire de la connaissance de soi-même.

C’est au travers de cette démarche que l’homme renaît. S’il respecte ces milieux naturels, il sera en bienséance et en conformité. Il pourra alors se laisser aller dans ses rêves fantasmagoriques, à réaliser ses envies. Il pourra retrouver la Foi de la vie dans sa propre communion tant physique que spirituelle.

Combien de bûcherons avez-vous rencontrés ? Ils sont taillés comme des rocs, ils ont des carrures de chênes. Ils font un « boulot » identique au bouleau qu’ils rencontrent et qu’ils abattent. Ce sont des êtres rugueux certes, mais aussi de douceur sous des apparences viriles. Sous des airs de bonhomie, ils sont simples, patients et bons observateurs.

Combien d’entre nous peuvent jauger de la taille d’un arbre ainsi que de son volume ? Certains, d’un œil expert le peuvent et savent s’il est malade ou sain.

Nous avons perdu et confié à quelques techniciens cet art d’observation. Si nous avions conservé, nous, citadins, cette richesse de la vie, cette expérience, nous aurions besoin de moins de règlements et de cette pharmacopée excessive, nous aurions moins peur du monde animal, insectes inclus, et nous serions à même de neutraliser, d’éradiquer sans toucher aux rapports qui s’imbriquent entre eux, les négativités de ce monde dit des cavernes.

Ce monde reproduit exactement notre propre miroir. Il nous agresse parce que nous l’agressons. Il nous souille parce que nous le souillons. Il nous tue parce que nous le tuons. Nous le détruisons parce que nous voulons le défricher, alors il nous défriche et nous met en friche, à cause de l’irrespect qu’on lui porte.

1434532481_a196d17294.jpgPrenons garde à l’harmonie entre l’homme et le biotope

Il nous assoiffe parce que nous l’assoiffons et nous le réduisons à peu de chose. Bientôt, il nous asphyxiera parce que nous l’avons asphyxié.

Nous voulons le protéger et nous l’enfumons de mille molécules de synthèse polluantes, nous l’enflammons par une flemme irrespectueuse de vie. Nous voulons y construire nos demeures alors que ce n’est pas l’endroit adéquat. Nous voulons nous y installer en conquérants et nous sommes conquis, dévorés en retour. Nous offrons sur l’autel sacrificiel nos propres envies. Nous offrons sur l’autel du Veau d’or nos chers principes et la vie qui est notre richesse principale

Nous déclarons notre passion pour la vie et nous la détruisons en toute inconscience. Nous participons activement à notre protection organique et nous nous associons à la destruction de l’ensemble des gaz qui nous permettent de respirer dans un monde d’équilibre.

Car tout est équilibre, tout est harmonieux dans la Nature. Si nous voulons préserver la vie, nous devons nous laisser aller vers le respect. Nous devons aller dans ce monde idéalisé par nos poètes, que nos légendes nous racontent si bien. Elles sont nombreuses et toujours vivantes dans nos régions.

Eh bien, ensemble respectons les arbres, défendons les espaces encore couverts de forêts. Ainsi encourageons-nous à vivre ensemble en osmose avec les arbres et le monde de la forêt.

 

 

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents