LE PASSSEUR

LE PASSSEUR

Professeur Bernard Herzog - Médecine et Thérapies du Futur Connaissances et recherches pour améliorer Votre Santé et Votre Vie


L’École du Rêve et la Voie Intérieure

Publié par Bernard Herzog sur 27 Septembre 2011, 15:55pm

Catégories : #Rêve- Spiritualité

17_-L-annonce-d-un-grand-voyage-en-Orient.jpgAVANT PROPOS

 

Peut-être vous arrive-t-il d’effectuer votre marché de temps à autre ? La vivacité des coloris, mais aussi la variété des attitudes et des propos renseignent souvent de façon poétique sur les réalités de l’existence. Le marché n’est-il pas le lieu des échanges ? Là, moyennant quelque monnaie, on va acquérir de quoi se nourrir, régaler ses amis et sa famille.

Dans un autre domaine, le psychologue nous a enseigné que toute position infantile consiste à téter, prendre et laisser le soin à celui qui vous assume d’évacuer ses déchets… bref, à se comporter comme un marmot. Pareilles attitudes se retrouvent fréquemment à l’âge adulte. Bien des médecins dans leurs propos parfois désabusés, laissent à penser que désormais le stade adulte consiste à donner sans recevoir.

Couper-l-arbre-de-vie.jpgChevilles ouvrières laissées dans l’ombre par les puissants d’un jour, je partage leurs amertumes et leurs inquiétudes. N’est-ce pas eux qui nourrissent les professions dites paramédicales, subissant les abus précisément d’infantiles incapables d’échanger en retour les fruits de leur jardin ?

Ayant fait mes emplettes et m’étant enrichi de quelques observations au cours d’une trentaine d’années passées dans les hôpitaux, j’ai comme tout un chacun dû éplucher mes pommes de terre, préparer ma soupe afin de présenter à mes visiteurs courageux venus rendre visite à un provincial égaré dans l’univers des rêves… un repas suffisamment copieux et agréable. Cette métamorphose entre les aliments bruts et ceux qui ont subi la cuisson, mais également la parure dont j’ai voulu orner les plats constitue un échange affectueux, une autre nécessité nutritive que celle des “oses, osides, acides aminés” et matériaux chimiques. Il s’agit, pour ceux qui ont déjà parcouru un de mes ouvrages d’une sève élaborée en opposition à la sève brute, celle de “l’humain trop humain” pour reprendre une formule de Nietzsche.

4064752198_e13e3acfcf.jpgCet univers de la condition humaine a nourri les œuvres de Balzac, les voyages au bout de la nuit de Céline autre praticien confronté avec ces réalités qui achèvent parfois de désespérer ceux qui ont pris le risque de veiller toute leur existence sur la bonne santé morale et physique de leurs concitoyens.

La Flandre et la Lorraine m’ont appris avant les portes océanes les conditions du terroir et combien il y avait lieu de se méfier des beaux parleurs au langage fleuri de slogans qui ne conduisent nulle part. Rabelais déjà nous avait dénoncé cette nouvelle forme de scholastique. Elle a récupéré les recherches fondamentales de Freud, de Jung et d’autres.

De la jargonologie sans cesse florissante et bientôt ubiquitaire, le malheureux généraliste doit fatalement un jour se poser la question du bien fondé de pareilles errances de l’esprit.

Si l’on compare l’absence d’évolution et la vie intérieure des sujets affichant un langage aussi sophistiqué qu’abscond, les nombreux échecs des cures entreprises quand il ne s’agit pas des suicides, le lecteur demeuré sur son Aventin ou du moins les pieds bien dans ses sabots est en mesure de se faire une trop juste opinion…

Cependant, comme dans toute fumure, on y trouve matière à développement. C’est précisément dans les zones excrémentielles que notre terre “trop humaine” se nourrit ! Cela, tout bon jardinier le sait, nourrissant attentivement sa prochaine récolte de légumineuses, d’engrais adaptés.

4437988975_10ba8115f8.jpgLe langage du simple m’étant plus familier que celui de ces doctes sujets ; je m’efforçais de faire toucher du doigt et ressentir l’apport fondamental que pareille aventure peut avoir pour la médecine des temps futurs, mais aussi dans les consultations quotidiennes.

Ayant reçu la visite de confrères beaucoup plus âgés que moi venus me demander conseil en cette science difficile des rêves, je m’efforçais en toute humilité de retracer au lecteur le sillage de ces voies initiatiques. Elles permettront peut-être à certains de trouver chemin faisant la clé d’une difficulté, voire une solution à un douloureux problème humain non résolu depuis des décades, parfois l’explication amère d’une existence ratée…

L-Hercule-gallique-copie-1.jpgAinsi, je vous demanderai de m’accorder la faveur de beaucoup d’humour, et de ne point dramatiser si au tournant d’un chemin après une ligne un peu trop lourde, le lecteur ressent en lui une émotion vive soulever en échos des souvenirs désagréables ou trop cuisants.

Nous sommes tous faibles, fragiles, mais nous l’ignorons. Nous préférons nous “prendre au sérieux”, nous conforter dans des idées de toute puissance, surtout si les titres universitaires nous donnent loisir de le faire. Hélas, les Dieux transforment en ânes ce genre de sujets et s’en amusent ensuite souvent cruellement.

N’ayant que trop peu de temps pour une entreprise aussi importante et sachant que la clinique s’apprend au chevet des êtres plus que dans les livres, je proposerai au lecteur de prendre place à côté de moi-même face aux visiteurs sans discrimination. Ainsi ferai-je l’œuvre d’enseignant qui me fût refusée pendant toute ma propre carrière universitaire ou peu s’en faut !

4290716775_807a344aa3.jpgSelon les propos de PEGUY : “Tout commence en mystique et tout finit en politique”. Je m’étais rendu dès mes dix-sept ans jouer l’infirmier bénévole dans les hôpitaux avant de vivre mes années d’études hospitalières, puis ma carrière.

A l’époque, on entrait en médecine comme à la Trappe et l’autorité des maîtres n’était ni remise en question ni fictive car l’enseignement clinique était ô combien réel.

Pas plus qu’on ne nous sélectionnait les cas cliniques, je ne suivrai un plan dans la suite des rubriques oniriques.

Chaque rêve représente une sorte d’énigme, comme une pierre rencontrée en chemin. Aucune n’est superflue, car dans l’inconscient de chacun, un guide initiatique matérialise sa présence par ces messages subtils.

Le rêveur a pour première mission de “fixer le volatile”. Telle est la condition nécessaire à l’œuvre.

Un long travail de digestion et d’assimilation fera suite. Il n’est malheureusement pas possible de le détailler intégralement au lecteur car il est différent pour tout un chacun. Bien qu’il existe de grandes avenues, chacun trouve des sentiers originaux, et comme vous le verrez, la créativité de l’inconscient est comme l’océan sans limite.

L’auteur se propose, tel le capitaine Némo, d’offrir au lecteur une place à bord du Nautilus. Pour s’être souvent promené dans le vieux port de Nantes, enivré par la vue des goélettes, il a été nourri dès son enfance par les récits de Jules Verne. Il désire proposer à ses lecteurs cette forme d’exploration des espaces encore trop ignorés de notre champ de conscience individuel et collectif.

200px-Maurice_Maeterlinck_2.jpgA la manière de Maeterlinck, observant minutieusement la vie des abeilles et la structuration de la ruche, il désire vous conduire derrière le miroir des apparences, au fond des océans, parfois même jusqu’aux colonnes d’une ville encore mystérieuse dans la nuit noire des profondeurs de la psyché humaine derrière l’opacité des membranes tissulaires et des organes là où naissent et se nourrissent les flétrissures du corps et les germes de la mort.

En chemin, nous rencontrerons parfois des monstres, notamment une pieuvre géante ou une araignée de taille inusitée. Ils nous enseigneront peu à peu les réalités mystérieuses qui président aux délires, organisent et déterminent les désordres du corps et des mentalités.

La maladie de notre civilisation déjà dénoncée par Guénon et Evola sera décrite jusqu’à ses fondements parfois à travers l’histoire des civilisations ou des religions.

L’auteur peut dès à présent affirmer au lecteur qu’on peut recueillir là, après bien des périples, un nouveau savoir que Socrate et Platon lui-même après Homère, nous ont partiellement rapportés. Ce voyage ressemble à l’Odyssée, à celui de Magellan qui se dirigeait vers les Indes et découvrait un nouveau monde.

3278700640_387c3e28bb.jpgL’ouverture se déroulera à travers plusieurs corps, dans plusieurs existences et l’auteur demande à l’avance au lecteur beaucoup de patience et d’efforts, car pour avoir accès aux secrets, il faut œuvrer. Pas plus qu’il n’est possible de se baigner deux fois dans la même eau du fleuve, il n’est possible de retrouver exactement l’atmosphère dans laquelle se déroulent des entretiens, de longs périples dont on n’évoquera qu’une infime fraction.

Les contingences du temps et de l’édition ne permettent pas plus de s’étendre outre mesure. Aussi comme à tous ceux désireux d’effectuer une randonnée de haute montagne, l’auteur prévient le lecteur qu’il n’y a pas de page parfois même de mot qui ne possède son importance.

Que le lecteur accepte de bien vouloir effectuer le même travail d’assimilation que celui des ruminants ramenant à plusieurs reprises devant son champ de conscience l’aliment récalcitrant en l’occurrence le rêve ou une fraction de ce dernier non encore totalement trituré.

Toute bouillie prédigérée perd toute saveur, or ces chemins de créativité sans limite sont ceux où l’on trouve les épices et les drogues les plus subtiles.

Dans plusieurs ouvrages, j’ai invité le lecteur à déchiffrer l’énigme de la mort et l’univers des esprits avec celle de la maladie cancéreuse.

Je m’étais appliqué à identifier au passage les pulsions de mort ou les élans de vie, essayant de faire toucher le passage subtil qui existe entre les deux mondes.

3510782676_11f9bb0916.jpgL’identification de l’inversion archétypale, c’est-à-dire des fondements de l’individu contemporain, le voyage effectué se poursuit dans l’univers du Sida ou des affections mentales.

Après avoir recueilli, étiqueté pierre après pierre et éclairé chacune d’un signifiant particulier, l’auteur s’est efforcé d’édifier une chaussée où de nouveaux chercheurs pourront franchir le gouffre, passer au-delà de la faille afin d’aller plus loin encore.

Ce travail qu’il désirait semblable à celui des bâtisseurs de cathédrales, des maîtres verriers du Moyen-Âge, laissera cependant certains insatisfaits, car le rêve peut s’interpréter de différentes manières.

L’intégration de ces messages est fonction du niveau de développement intérieur de celui qui s’efforce d’en emprunter les différents étages, aussi et en cela l’auteur a conscience des limites de ses propos et de ses écrits : les rêves resteront toujours plus riches que les réductions interprétatives. C’est en toute humilité qu’il se doit de le souligner au lecteur, s’étant efforcé lui-même de retracer avec une grande exactitude les messages qui lui ont été confiés par ses visiteurs, à d’autres laissant le soin d’interprétations complémentaires éventuelles, d’autres synthèses d’un patrimoine qui ne lui appartient pas.

Rassurez-vous, au-delà de ces témoignages et de ces essais interprétatifs, vous qui ne pourrez oublier quelques descriptions cliniques saisissantes, si le Nautilus est de retour au port de Nantes, visible depuis les rues pavés où Jules Verne a vécu sa tendre enfance, le capitaine Némo est toujours prêt à de nouvelles épopées fascinantes et mystérieuses à la fois. Il y retrouve la voie tracée jadis par André Breton, Vacher, le mouvement surréaliste dont les voiles blanches ont trouvé des vents propices dans le port de Nantes et le désir d’aller éclairer nos espaces intérieurs. La pensée contemporaine et l’art de toute époque se sont toujours nourris de semblable matière.

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents