LE PASSSEUR

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Professeur Bernard Herzog - Médecine et Thérapies du Futur Connaissances et recherches pour améliorer Votre Santé et Votre Vie


L’Art de Vivre

Publié par Le Passeur sur 16 Octobre 2010, 12:42pm

Catégories : #Sacré et Foi

5108354397_5f7b227229.jpgAu cours des derniers siècles avec l’avènement de la technologie et des Sciences en notre doux pays de France le temps réservé aux différents cultes s’est progressivement réduit comme une peau de chagrin ; nous l’avons remplacé par un culte de la raison cartésienne.

Que signifie donc cette Foi peu ou prou débordante, une force mystérieuse qui anime encore les êtres humains, après nos ancêtres et interroge toujours plus de 2 milliard  de chrétiens, 1/5 de musulmans, 700 millions d’hindouistes et environ un milliard de croyants non monothéistes (Bouddhistes, Confucianistes, Shintoïstes, Taoïstes…). L’expérience du psychanalyste montre que la Foi n’est pas spécifique aux croyants mais qu’un malentendu existe à cet endroit que nous allons nous efforcer d’éclairer.

Toutes les religions se sont effritées et se sont succédées au cours de millénaires. Que faut-il penser de tous ces faits, de tous ces courants spirituels ?

Il est difficile de trouver une définition précise de la Foi ; on pourrait la définir comme un désir qu’on croit trouver en soi et pour lequel on se consume sans en trouver le « Pourquoi ? ».

Eh bien, la foi c’est bien la place du feu, du foyer (« La Foué ! »), et avoir la foi c’est avoir bien chaud, en étant dans un milieu agréable car chaleureux et épanouissant.

Cette croissance ne peut se développer que dans un milieu de foi : il faut donc être dans le foyer de la vie, c’est-à-dire être animé par l’essentiel de la vie !

Le foyer est source de chaleur, il est source de vie.

C’est donc une manière de conjuguer le verbe Etre dans la plénitude d’un échange complet dans le feu des sens partagés, ce qui va engendrer une énergie donc une force réchauffante, une force naissante et une force assouvissante.

Cette force va permettre de mouvoir non seulement des sentiments mais aussi des mouvements et encore un déplacement.

Si vos pas vous ont conduit à rencontrer en plein hiver une couleuvre ou une vipère bien froide placez-la devant un feu : elle va bientôt se réchauffer au point de pouvoir se mouvoir. Ensuite elle pourra se déplacer et même vous mordre, eh bien c’est la même chose !

File0108.jpgCe feu va permettre de faire naître la vie par ces trois cheminements dans un état de bien-être.

Vous me direz : on est loin des enseignements des Eglises ! Et bien justement : le clinicien vous dira que ceux qui ont froid sont mal dans leur peau, ils ont des humeurs acides donc agressives aussi bien pour leurs articulations que pour les autres.

Ceux qui n’ont pas Foi dans la vie ont des maladies de Foi et ont froid, donc le désagrément d’être dans un corps mal en point, l’échange est difficile, et l’art de les réchauffer particulièrement laborieux, tous les thérapeutes le savent.

La foi agit par réchauffement de cinq foyers successifs.

Le foyer des viscères digestifs : là les aliments s’échauffent et se transforment afin de permettre de faire avancer l’oeuvre des enzymes, progresser dans une séparation par un retirement mais aussi par un échauffement de la substance principale et nécessaire pour l’alimentation.

Le premier foyer va alimenter un second foyer : celui de l’air ou thoracique c’est tout ce qui entre dans le fonctionnement du haut de l’estomac, ce qui permet de faire battre les coeurs et donner un mouvement permanent et universel aux os.

Les derniers mis en mouvement vont allumer le troisième foyer : le feu des aspirations spirituelles, lequel allume et alimente le feu de la parole. J’allais oublier le plus important celui qui permet l’échange et la joie dans l’échange du plaisir : le feu des sexes.

Ces foyers génèrent ensemble une énergie vitalisante et vivifiante qui va donner au sujet la force et le courage mais parfois alimenter aussi bien la bêtise et l’idiotie. Ils agissent comme les fouets du cocher sur le cheval attelé au carrosse, en l’excitant, le menant à grands fracas sur le chemin de la vie.

La foi n’est donc pas un seul cheminement, ni un seul véhicule mais bien un ensemble de cheminements, de modalités comportementales, que l’on peut imaginer semblable à une montagne immense, à un champ de forces dans lesquelles l’homme peut puiser sans cesse et sans réserve.

Quel est le sujet le plus intolérant dans toutes les sociétés ? Si ce n’est le curé, l’ayatollah, le rabbin qui s’enivre d’intransigeance donc le feu d’une certaine spiritualité primaire.

Notre époque riche en intégrismes, en sectarismes malgré le souvenir cuisant de l’inquisition, de l’échafaud, doit revivre de ce fait la sanguinolence des meurtres et des meurtrissures.

Quel est le feu le plus emmerdant si ce n’est celui du tube digestif. Je n’épiloguerai pas sur les débordements scatologiques qui constituent les épices et le gros sel quotidien des Francs.

Quel est le feu qui génère le plus de foldingueries si ce n’est le feu du sexe ? Tout bon analyste, tout clinicien observateur des myriades d’inventions en tous genres, pour ceux qui ont « mal à jouir » ou s’échinent à trouver une combinaison tordue pour parvenir à des fins misérables ou lilliputiennes d’un plaisir maladif, en ont des collections à vous offrir. Parce que un « cul mal habilité « (culpabilité) génère des myriades de fantasmes comme une boîte de Pandore, génère des légions de diablotins !

Telle sont les cinq faces primaires de la Foi, un art primitif de vivre dans lequel tout un chacun essaye de se retrouver, tout en se perdant dans le labyrinthe du Minotaure où fatalement il sera embroché s’il n’a pas retrouvé, redécouvert la sagesse de la Vie.

Gengis Khan et Attila ont suivi ce même principe : ils ont créé chez leurs sujets une forme d’animation particulière. Ces conquêtes se sont constituées par l’excitation de l’envie, de la jalousie, en vue d’instaurer un pouvoir aux dépends d’autrui, une fascination tourbillonnante dans laquelle les soudards se sentent enserrés par un champ de forces impitoyables et invincibles.

Les généraux ont souvent harangué leurs troupes en leur promettant pillages et viols à profusion et cela insufflait ce feu particulier et fort dévastateur. Nous venons d’en avoir de nouveaux exemples en Yougouslavie ?

C’est cela le secret de ces monstrueux êtres qui fut à la base des plus grands empires de l’histoire de l’humanité. Les espagnols, les portugais et les romains ont également copié le système. La foi des mercenaires consiste à piller, à violer, à tuer, à conquérir. 3

Quand cette foi s’est éteinte, ces immenses empires se sont délabrés et morcelés en de multiples domaines dans un mouvement tourbillonnaire aussi rapide que la chute d’un vase de porcelaine !

Cette forme de foi engendre une motivation tout à fait irrespectueuse d’autrui aux débordements intempestifs et extrêmement sanguinaires. Plus près de nous la haine et la profusion d’ombres en tous genres rallumèrent une folie collective. On l’a déjà presque oublié.

La foi, c’est bien autre chose : c’est un encouragement éthique d’élévation qui encourage l’homme à se rendre à son propre développement. Oh certes, à toutes les époques, et surtout dans notre monde occidental parvenu à l’ère scientifique, nous ne connaissons que l’unicité d’une vie. Nous n’imaginons que l’unicité d’un moment et nous renions donc la foi dans ces conditions, car nous écoutons nos célèbres philosophes marxistes ou existentialistes en voulant ignorer leur pathologie mentale aussi nous vivons sur un théorème tout à fait faux que nous avons établi ou recopié sans réfléchir un instant au fait qu’il est ridicule et stupide car il provoque des instabilités psychologiques permanentes du sujet.

C’est pourquoi on observe des épidémies de suicides chez les adolescents que l’on n’a pas éduqués, auxquels on n’a pas expliqué le sens de la vie. Ainsi 30% des français consomment peu ou prou de pharmacopée aux effets dévastateurs pour leurs neurones ; au lieu de bien vivre nous faisons chapelle autour du négativisme dans l’orgueil de la pensée qui nie les choses du coeur et de la vie. Ce foyer destructif est installé sur le nihilisme scientifique alors que les savants ne font souvent que se vendre aux marchands en quête d’écus sonnants et trébuchants, eux-mêmes versés dans le culte du Veau d’or.

C’est pourquoi les deux premiers marchés mondiaux sont la vente d’armes et le commerce des drogues auxquelles il faudrait ajouter celui des pharmacopées abusives iatrogènes, des interventions intempestives inutiles, abusives et irréfléchies.

Nous obéissons aveuglément à des savants qui ne savent que vendre et se vendre, aussi sommes-nous tout à fait devenus les esclaves des négociants et des faiseurs de vent dont l’unique foi est celle de l’argent.

Ils agitent sans cesse les miroirs aux alouettes du progrès et des miracles qui ne sont que des billevesées de pacotille où s’engouffrent les ilotes par myriades comme des brebis en masse vers de nouveaux camps de concentration, vers de nouveaux holocaustes successifs que nous ne voulons ni voir ni admettre en raison de notre extraordinaire faiblesse, de notre absence de courage et de dignité !

La foi est bien une démarche qui consiste à faire revivre la flamme sacrée de la vie dans la joie de vivre mais aussi une manière d’être, de se comporter envers soi-même, envers autrui : c’est une appréhension de la définition et de la signification de sa propre vie !

C’est pourquoi on dit d’un bon thérapeute qu’il fait du bien par son contact parce qu’il émane de lui une grande chaleur.

Vous voyez combien le sens habituellement donné au mot « la foi » n’est que cette bondieuserie, une apparence erronée résultante de l’intégrisme ou d’un servilisme absolument effréné. 

L’homme dans sa décadence honore la croyance des règlements, des diktats et des lois hypocrites, ou des doctrines qui lui conviennent merveilleusement bien et qui conviennent surtout et essentiellement au pouvoir qui les dicte ! Cette façon d’institutionnaliser la foi est donc grandement nécessaire pour que le pouvoir perdure.

Vous savez que cette forme de Foi a engendré bien des génocides, mais aussi des formes plus douces et plus infiltrantes de sévices et de forfaitures que les différentes religions ont pu créer dans leurs démarches inquisitoriales, ou que certains se servant de la religion ont imposé et imposent encore.

Si nous retraçons l’histoire même très sommairement humaine, nous pouvons aller de massacres en génocides. Ils furent le fait du monde anglican, du germanique ou prussien.

Les pogromes, l’holocauste, les génocides slaves ou espagnols mais également les génocides franco-français au nom de la Déesse Raison et du sectarisme sont des faits historiques cependant nous crions tous bien haut :

« PLUS JAMAIS CA ! »

 

Et « plus jamais çà » recommence sans cesse

 

Bien sûr ceux qui osent le dire et surtout ceux qui le proclament le plus haut sont souvent les premiers à se parer de ces vertus génocidaires et intolérantes que génère leur propre sectarisme, leur propre intégrisme intransigeant !

Vous voyez donc que sous le terme habituel la Foi cache une démarche qui n’est qu’un ramassis malodorant et nauséabond d’une gangrène qui infecte les sujets eux-mêmes alors que la vraie Foi c’est bien autre chose : c’est l’art même de vivre !

C’est de pouvoir alimenter sa propre cheminée c’est-à-dire son propre foyer pour croître, grandir dans une certaine sérénité, dans une certaine convivialité

mais surtout dans l’humilité et le respect de l’autre c’est-à-dire dans la paix des choses ! (res-prax – le respect).

Malheureusement au cours de l’histoire des civilisations l’abêtissement, l’hypocrisie et la stupidité ont transformé cette notion lumineuse de la Foi. Elles en ont fait un mot qui n’a rien à voir avec ce sens caché mais bien réel du feu.

La Foi c’est quoi ? : C’est bien le jaillissement de la vie non seulement à l’extérieur de vous mais aussi un jaillissement dans notre propre vie car si vous regardez votre corps : votre sang rouge jaillit à chaque battement de votre coeur, il est bien comme une lave de vie et vos veines charrient aussi ces effluves d’un jaillissement qui vient de vos poumons car ils sont semblables à des volcans où siège le feu permanent et rythmé de la Vie !

La Foi est donc le feu sacré de la Vie : c’est donc la notion la plus importante qui puisse exister et que l’on doit transmettre à nos enfants pour leur éviter mille maux, mille embûches.

Pr Bernard HERZOG

*1 er congrès mondial de psychanalyse - Vienne

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