LE PASSSEUR

LE PASSSEUR

Professeur Bernard Herzog - Médecine et Thérapies du Futur Connaissances et recherches pour améliorer Votre Santé et Votre Vie


Chacun s’interroge sur les mécanismes d’action de la psychanalyse.

Publié par Bernard Herzog sur 23 Novembre 2010, 17:05pm

Catégories : #Le Thérapeute

File0091-copie-1.jpgLe Thérapeute

Chacun s’interroge sur les mécanismes d’action de la psychanalyse.

Comment un homme peut-il induire des transformations chez un autre ? Tant que l’on raisonne d’une façon matérialiste, c’est-à-dire par effet de masse, de poids, de monnaie sonnante et trébuchante, il n’y a guère d’issue au dilemme.

Cela ne serait pas grave si les thérapies se soldaient toujours par des échecs, or, ce n’est pas le cas. Comment rendre compte des effets positifs ou d’une action préférentielle de certains là ou d’autres n’ont jamais eu la moindre réussite ?

Tant que le champ de conscience ignore l’inconscient, c’est-à-dire le monde des rêves et de l’imagerie mentale, aucune explication n’est possible.

Force est de reconnaître la reproductivité du processus évolutif et curatif dans la psyché des patients, leurs rêves en témoignent ;

 

 

En cela, aucune imagination, aucune affabulation si l’on veut bien admettre les contenus oniriques comme des faits en soi, et reprendre la méthode expérimentale de Claude Bernard, mais aussi de tous ceux qui restent à l’observation de la nature et veulent bien sortir de leurs schémas scolaires qui ne débouchent sur rien, si ce n’est des élucubrations de plus en plus saugrenues dont il ne reste rien, excepté quelques maux de tête chez le lecteur et des désordres dans sa vie privée ou affective, car ces germes sont toxiques.

Nous n’avions pas revu Tobie, en raison de la venue d’un nouvel enfant dans son foyer. Cela ne l’avait pas empêché de colliger ses rêves au cours des six derniers mois d’absence.

C’est parmi ces derniers que ma propre image devait de nouveau apparaître. C’est sur cette séance de travail dont je souhaite faire état pour illustrer les mécanismes d’action dans la psyché de l’image du thérapeute.

 

Rêve  

« Je suis avec Herzog au sommet de l’immeuble. Le professeur me pousse dans les airs. J’ai peur, je dois me débrouiller pour voler. J’utilise pour cela des lanières de cuir, que je tiens, les bras tendus. Je reviens sur le toit en rampant, exténué. Le professeur me regarde et il rit.

C’est maintenant le tour de Pierre Saupiquet. Herzog le pousse dans le  vide, mais Pierre au lieu de prendre son envol est précipité au pied de l’immeuble. On se regarde tous les deux, l’air de dire : “Ça alors, on ne s’attendait pas à cela !” »

 

« Je suis encore jeune, en formation, et je dois apprendre par le gai savoir auprès du Professeur. Son enseignement est gai, aussi ses étudiants se mettent à rire, car il gué-rit.

Le gai rire, c’est la guérison. Je dois moudre mon grain, pour avoir du grain à moudre avec des ressources et des potentiels non encore utilisés. Le moulin et la scierie fonctionnent avec la force hydraulique. C’est une transformation de l’énergie qu’il faut réaliser. En montant l’échelle, l’énergie hydraulique se transforme en énergie mécanique qui moud le blé, lequel doit ensuite subir une transformation chimique pour être consommé, ce qui crée de l’énergie calorifique.

Le pain est semblable à l’énergie christique, “ceci est mon corps” a dit le Christ…

Le vieux est un guide qui me signale que je suis sur le bon chemin : c’est Saturne. De la même manière, le bois brut doit être transformé pour être humanisé. Le port : il faut quitter un état puis maîtriser la matière. Le bateau navigue sur la mer, cela permet d’évoluer, d’accéder à un stade supérieur de la connaissance. »

 

Le premier rêve signale à Tobie qu’il nous faut tous quitter le nid familial, mais aussi toute forme d’attache à la collectivité si l’on veut aller vers son propre destin, cela nécessite de grands efforts et de la ténacité.

 

Rêve du 17 juin

 

« J’assiste à une réunion de famille où se trouve le frère de ma mère, sa mère, qui est ma grand-mère Louise. Elle est maintenant très âgée. Elle sort de sa chambre entourée de hautes armoires. En ouvrant les portes, des tortues sortent des placards : une première tortue assez rapide s’enfuit, puis trois autres prennent le même chemin. »

 

« Voilà la famille de ma mère, et donc une certaine forme d’ancêtres côté féminin. »

 

« Votre grand-mère était une femme certainement très positive, pleine de sagesse. »

 

« Oui, elle vit toujours, c’est la seconde épouse de mon grand-père maternel. Je crois qu’il faut laisser toutes les vieilles choses, laisser fuir le temps. »

 

« Vous oubliez la structure de la tortue. Ces animaux ont quatre pattes, ce qui dessine les quatre coins du carré sur lequel elles portent un hémisphère.

Cette structure est une alliance de la voie de la main gauche et de la main droite, c’est-à-dire de la connaissance acquise par le cerveau gauche et la forme symbolique acquise par le cerveau droit. C’est cela que vous a légué la grand-mère Louise ! »

 

Comme l’on a vu opérer l’image du thérapeute semblable à celle d’un catalyseur au cours d’une réaction de chimie, comme le platine ou le palladium, on voit opérer une seconde image : celle de l’ancêtre féminin positif qui a réussit la conjonction Yin-Yang, l’unification en elle-même de ces deux fractions pour la totalité.

Nul doute que cette femme soit dans le Tao !

Noter visiteur, membre de l’enseignement, est incarcéré et loin d’avoir pu se réaliser. Il en souffre énormément car dans toutes les formes de collectivités, l’homme désireux de se réaliser passe par des épreuves douloureuses.

 

Rêve du 30 juin

 

« Ma femme et moi sommes parmi un convoi de prisonniers, escortés par des nazis. Nous sommes enfermés dans un camp de toile et il neige. Chaque matin, les bourreaux choisissent au hasard leur victime. Nous devons fuir. Pour cela, nous suivons le cours d’un ruisseau, il faut très froid et nous sommes enveloppés dans des haillons. »

 

« Moi et mon anima, nous sommes prisonniers de l’animus maternel, c’est un piège classique, il faut fuir. »

 

« Savez-vous que l’on tire les postes des instituteurs au sort au Rectorat ? Plus exactement, c’est un ordinateur qui effectue les répartitions, autrement dit, il n’y a aucun respect des êtres, c’est l’arbitraire le plus stupide qui ne tient compte d’aucune situation familiale, ni personnelle : les bourreaux choisissent au hasard et cela vous fait peur, car le sentiment est gelé, ce qui traduit le froid du rêve.

En outre, on vous donne à peine de quoi vivre, car la société adore l’argent et méprise ses enseignants, comme ses médecins. »

 

Rêve du 3 juillet

 

« Je suis avec des jeunes de mon âge, l’exercice consiste à descendre dans un puits en utilisant une corde. Pour faciliter la remontée, j’installe une poulie au-dessus du puits. Après ces exercices, nous nous retrouvons dans une salle, nous mangeons et nous buvons du vin blanc doux et sucré. Mon ami est là près de moi, ravi, il boit du vin et remplit les verres avec allégresse. »

 

« Descendre dans le puits est une épreuve initiatique comme redescendre dans les entrailles de sa mère ou de la terre-mère, puis de remonter par le cordon ombilical : c’est un retour nécessaire. »

 

Tobie a retrouvé l’antique chemin de l’antre de Trophonios. Il faut noter la sensibilité et l’intelligence de ses commentaires.

 

Rêve du 8 juillet

 

« Me voici chez mes parents, mon frère et mes amis, des camarades du passé, nous descendons de voiture. Les parents nous quittent et nous rentrons dans une belle propriété au parc paysagé. C’est le jardin et la cour du garage qui se sont métamorphosés. Il y fait chaud, la végétation tropicale est luxuriante, un bassin est entouré de la mangrove et de plantes aquatiques. Il y a du monde et nous nous faisons des amis. Nous nous baignons et menons une vie de rêve dans un paradis. Nous allons tous cueillir du raisin entreposé dans un immense séchoir. Je suis maintenant avec une très jolie jeune fille. Maintenant, tout le monde se retrouve par couple, nous effectuons quelques pas et nous allons sur une plage où nous nous baignons dans l’océan. C’est bientôt l’heure de partir et cela est dur. Plus tard, je passe sur le chemin qui longe le jardin de mes parents et je remarque une vigne sauvage dont je cueille quelques grappes qui me rappelle quelque chose. »

 

« J’appartiens toujours au passé, à mon enfance, dans le Finistère. Je ne veux pas encore me détacher de la matrice originelle pour m’évader, aussi mon inconscient transforme les lieux en un paradis. C’est une sorte de rêve dans le rêve.

Pour échapper à la morosité de la vie, de mon village d’enfance, je m’évade dans un paradis terrestre où je goûte les fruits de l’amour, la jouissance, les plaisirs du corps. »

 

« Votre rêve est compensatoire d’un passé dur et sans amour. Il y a là un excès de végétal, c’est-à-dire de vie végétative. »

 

Chacun désire demeurer dans les paradis de l’enfance, un système imaginaire, hors des réalités qui permet le refuge, l’ignorance et que chantent les poètes ou les artistes souvent indéfiniment tout au long de leur existence pour n’avoir surtout pas à s’affronter à l’existence ni à vivre. Nul ne chante mieux l’amour qu’Eluard ou d’autres princes du Verbe pour n’avoir surtout pas à quitter leur adoration cachée pour leur Ego ou leur muse intérieure !

Le rôle du guide n’est pas seulement d’écouter, mais également d’aider autant que faire ce peut, à une issue positive.

 

Rêve du 4 octobre

 

« Le professeur Herzog et moi nous marchons le long d’un boulevard et nous prenons un tramway : nous nous asseyons à côté de cheminots aux visages noirs, plein de fumée de charbon. L’un d’entre eux nous parle de minéralogie ; le professeur lui dit qu’il s’y intéresse aussi. »

 

« Herzog apparaît dans mes rêves toujours comme le guide, celui qui remplace le père. Je suis en ville en contact avec l’autre, les autres.

Là se trouvent les travailleurs qui s’intéressent au minéral. Le travail des mineurs ou des cheminots est très dur, il faut l’accepter. »

 

Rêve du 5 octobre

 

« Ma femme, les enfants et moi nous allons nous promener à la campagne où nous visitons un joli village dans le sud reconstitué à l’ancienne. Un ruisseau le traverse, je regarde par la fenêtre d’une maison située au pied du ruisseau qui forme à cet endroit une cascade où surgissent des poissons argentés. Certains poissons s’accrochent aux ronces qui bordent le cours d’eau et mangent les mûres, aidés par une meute de singes venus leur prêter main forte. Les singes tendent les fruits aux poissons qui les gobent. »

 

« Je vais avec ma famille, ce qui aujourd’hui me constitue, et nous devons aller à la rencontre de la spiritualité, c’est-à-dire du Dieu poisson, celui qui nourrit les singes.

Nous sommes tous les êtres humains semblables à des singes qui se nourrissent dans la nature et qui doivent nourrir leur spiritualité pour progresser. »

 

« Dans le rêve précédent, les cheminots préoccupés de minéralogie, représentent la Nigredo, L’Œuvre au noir, là où vous efforcez de transformer l’être. »

 

« Il faut accepter son destin, car si on ne le fait pas, nous sommes transformés en être de pierre. La dureté de la vie transforme-t-elle les cœurs en pierre ? »

 

Si nous revenons au premier rêve d’envol, Pierre Saupiquet retourne à la terre. Le minéral retourne au minéral, au lieu de minéraliser nos cœurs, de pétrifier nos existences, nous devons prendre notre envol grâce à la chair tendre des poissons argentés, car le Christ nous nourrit par osmose, par son exemple, aussi en chemin nous pouvons manger des mûres aidés par des singes, car Hanuman est là sur notre chemin, placé pour nous aider à retrouver le cercle magique, celui de l’amour qui seul peut nous transmuter.

On voit comment dans ce court ensemble, les fractions d’une activité onirique de quelques mois peuvent opérer les grandes pièces sur l’échiquier du théâtre intérieur, semblable au théâtre d’ombre du Dalang évocateur des destinées humaines.

 

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents